Au-delà du «menu pour deux»

Si le personnel de Jadeland est aimable, les... (Étienne Ranger, LeDroit)

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Si le personnel de Jadeland est aimable, les clients ne fréquentent assurément pas l'endroit pour la beauté des lieux. Les murs sont d'un vert menthe qui a été - très brièvement - à la mode dans les années 1970. Le mobilier est strictement fonctionnel: deux tables communes et une douzaine de plus petites.

Étienne Ranger, LeDroit

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Une visite dans un restaurant chinois est toujours un pas vers une aventure vers l'inconnu. Le dîneur n'est assuré que de quelques vérités: il y aura du riz au menu, et il sera long de plusieurs pages. Il est bilingue: anglais et... chinois.

Évidemment, ce menu contient plusieurs variétés d'un même plat. Comme ce poulet servi avec un choix de céleri, de pois mange-tout, de gingembre et ananas, d'oignon vert, de noix d'acajou, de litchis, épicé,etc.: chacun constitue un choix différent sur le menu. Une fois que l'on a compris le concept, la sélection est un peu plus facile à faire.

Pour aller au-delà des traditionnels «menus pour deux» assez classiques et peu aventureux, il est pratique d'avoir de l'aide d'un ami spécialiste ou, à tout le moins, de personnel aimable. Celui de Jadeland est tout indiqué: deux femmes d'âge mûr qui connaissent leur menu à fond, qui ne s'impatientent pas devant les novices ou les curieux, figés par un menu qui propose plus de 330 plats incluant, oui, de la soupe à l'aileron de requin (hautement proscrit pour des raisons humanitaires).

Deux hommes du même âge sévissent sans relâche en cuisine, offrant des spécialités cantonaises (plus douces) et széchuanaises (plus épicées, mais baissées d'un cran en Amérique du Nord). Ils ne chôment pas; la salle à manger du restaurant Jadeland était bondée lors de deux visites récentes, un dimanche pour un dim sum entre amis, et un vendredi midi.

À la mode d'antan

Si le personnel est aimable, les clients ne fréquentent assurément pas l'endroit pour la beauté des lieux.

Sis au coeur du Quartier chinois, sur la rue Somerset, les murs sont d'un vert menthe qui a été - très brièvement - à la mode dans les années 1970. Le mobilier est strictement fonctionnel: deux tables communes et une douzaine de plus petites. Mais il est vrai qu'à Ottawa, leurs compétiteurs font généralement assez peu d'efforts eux aussi.

Certains détails du dim sum réjouissent: les rouleaux impériaux, tout à fait corrects, sont accompagnés de la traditionnelle sauce aux prunes, faite sur place et ne regorgeant pas de sucre comme celles de facture industrielle. Les dumplings vapeur sont souvent garnis d'une anémique pâte de crevette aux origines douteuses: chez Jadeland, la pâte est plus relevée, avec de vrais morceaux de chair à l'intérieur. Les petites côtes levées (spare ribs) de porc sont délicieuses, pas trop sucrées, et font oublier qu'il faut gruger autour de petits os et de cartilage. Les aubergines en sauce brune n'ont rien d'appétissant, mais quel goût équilibré, doux. La maison fait ample usage des bok choys nains: leur cuisson est parfaite, mais leur couleur resplendissante laisse trahir que la cuisine fait usage de glutamate monosodique. Ceux à qui cela donne des maux de tête sont avertis!

Des plats copieux

Les plats du menu régulier sont copieux. Des nouilles Shanghai (ou les japonaises udon), bien plus grosses que les spaghettis, sont bien relevés avec du boeuf d'une tendreté exemplaire (9,95$). Cela fait différent des tranches de boeuf maigrichonnes et caoutchouteuses qu'on voit trop souvent. Une poitrine de canard un peu trop rôtie arrive nappée de pétoncles, de crevettes et de bok choys (16,95$). On voudrait la peau plus croquante, mais c'est un plat nourrissant, très viandeux.

La serveuse suggère fortement une recette typique: le poulet vapeur épicé. La vapeur cuit la chair sans lui transférer de goût. Une chance que le piment est bien présent. Différent.

En plus d'une généreuse assiettée de riz frit (8,95$), cela donne une table trop garnie pour deux personnes. Comme leurs collègues de l'industrie, peu d'attention est portée à la présentation des assiettes. Nous sommes dans le fonctionnel, pas l'apparat.

Pas de place pour le dessert, qui se limite à la banane frite (3,75$). Le biscuit chinois (fortune cookie) clôturera les Fêtes gourmandes avec une légère touche de sucré.

Pour deux personnes, calculez entre 30 et 40$, plus taxes, boissons et service.

Pour y aller: Jadeland, 625, rue Somerset Ouest, Ottawa, ON.

Renseignements: 613-233-0204 ou www.jadeland.com

Cote Jury: 12,5/20

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