Flying Banzini: la restauration comme concept

Le nom évoque ces fil-de-feristes qui défiaient la... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le nom évoque ces fil-de-feristes qui défiaient la mort en marchant dans le vide sur un simple câble métallique tendu entre deux gratte-ciel.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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La première chose que l'on remarque de ce nouveau restaurant, que l'on lise à son sujet ou que l'on passe devant, c'est le nom: The Flying Banzini. Cela évoque ces fil-de-feristes qui défiaient la mort en marchant dans le vide sur un simple câble métallique tendu entre deux gratte-ciel.

À vrai dire, Dave Scharf, le propriétaire de Flying Banzini, s'avère à sa manière un équilibriste peu commun. Car pour lui, c'est l'aventure même de lancer un restaurant qui équivaut à un geste de casse-cou. Sur un blogue abrité sur le site Internet du restaurant, Scharf raconte d'ailleurs en long et en large toutes les étapes qui ont mené à concrétiser ce projet commercial.

La plupart des restaurants sont la réalisation de rêves ou de coups de coeur de cuisiniers ou de serveurs. Trop n'ont pas toutes les qualités ou les assises financières nécessaires, ce qui explique le nombre de fermetures dans l'industrie de la restauration.

Une idée folle

Dave Scharf n'est pas de cette race-là. Il a travaillé un peu dans des restaurants, il y a longtemps, mais il se présente comme un animateur de radio fraîchement transplanté de Saskatoon et qui n'arrive pas à se trouver du boulot dans son domaine. Et il se lance dans l'aventure un peu folle de lancer un restaurant. Son histoire tient en peut-être 150 ou 200 textes intéressants qu'il a rédigés au fil de son périple professionnel. Plusieurs qui veulent marcher dans ces traces apprendront de son parcours inhabituel et très transparent.

Sans avoir tout lu, on pige vite qu'il avait quelques éléments précis d'une vision de ce qu'il voulait faire: un restaurant sympathique, sans chef attitré, basé autour de quelques concepts. Côté cuisine, cela se tisse autour des viandes rôties (poulet, porc) qui garnissent des sandwiches traditionnels ou paninis, des pizzas et un dessert, le gâteau au fromage (qui est venu remplacer le gelato). Quelques accompagnements complètent le menu: soupe du jour, salades, pommes de terre.

Les viandes rôties

Scharf adore les rôtis et même s'il n'est pas cuisinier, il possède suffisamment d'assurance et de certaines bases pour arriver à des résultats intéressants. Il a raffiné plusieurs recettes glanées ça et là, incluant sur Internet, pour bâtir une base de menu qui tient la route. Son poulet rôti, ses aromates et sa cuisson exacte traitent la chair avec soin: issue d'un poulet de bonne qualité, la chair est encore juteuse. Sa recette de ventre de porc se compare avantageusement à bien d'autres.

La pâte à pizza est faite sur place, légèrement aillée, et garnie d'ingrédients goûteux comme du chèvre, du bleu, du yogourt au raifort ou d'une réduction de balsamique. Toutes pour 12,95$, un prix raisonnable et une portion généreuse.

Pas de quoi traverser la ville en courant, ni pour la pizza ni pour les viandes rôties, mais si vous passez dans le coin branché de la rue Wellington à l'intersection Holland, The Flying Banzini s'avérera une bonne option.

Les viandes (8,95$) sont servies sur des pains ronds ou des focaccias grillés.

La formule table d'hôte (sandwich plus salade, soupe ou pommes de terre) est très abordable: 2,95$ de plus.

Ce jour-là, la soupe était une crème de légumes généreusement crémée, très appétissante.

Gâteau au fromage

Là où The Flying Banzini fait son argent, c'est avec le gâteau au fromage. Ce sont plutôt des bouchées qui s'avalent en deux temps, trois mouvements. À 2$ pièce, ou 10,95$ la demi-douzaine, les profits sont étincelants. Ils viennent en six, sept ou huit saveurs comme chocolat, caramel salé, citron, bleuet, framboise ou cerise. Plusieurs restaurants en ville offrent des portions plus généreuses, tout aussi réussies et à meilleur prix.

L'autre aspect de la restauration où The Flying Banzini engrange des profits, c'est au niveau du service. Les dîneurs passent la commande au comptoir puis s'assoient. Des serveurs apportent la nourriture à des tables noires sans nappes ni autre attrait. Le service du pain est inexistant.

En conclusion, si The Flying Banzini réussit, c'est qu'il a maîtrisé plusieurs règles de la mise en marché. Gentil, Dave Scharf partage tout (ou presque) de ce qu'il a appris.

Pour deux personnes, calculez entre 35 et 45$, plus taxes, boissons et service.

Pour y aller: Flying Banzini,1242, rue Wellington ouest, Ottawa, On.

Renseignements: 613-777-1125 ou www.flyingbanzini.com

Cote Jury: 11,5/20

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