Plats recherchés, décor minimaliste

L'impression de vide serait moins évidente s'il y... (Étienne Ranger, LeDroit)

Agrandir

L'impression de vide serait moins évidente s'il y avait plus de clients. Pour ça, il faudra de la chance et Clover - ce qui signifie trèfle, comme dans trèfle à quatre feuilles - a un nom prédestiné... et du talent en cuisine.

Étienne Ranger, LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Sur le même thème

Les premiers pas sont déroutants. On dirait que les travaux d'aménagement ne sont pas terminés. Là, du contreplaqué sur les murs. Plus loin, des murs blancs, nus. En haut, un plafond qui révèle tout de son enchevêtrement de fils, de conduits d'air, de tuyauterie.

Clover Food & Drink

155, rue Bank,

Ottawa, ON.

613-680-8803

www.cloverottawa.ca

Cote Jury 14,5/20

Non, non, ne rebroussez pas chemin. C'est un concept.

Si vous appréciez les banquettes dures, les tables en bois brut et les chaises d'école, Clover est fait pour vous.

Peu de monde

Cette impression de vide serait moins évidente s'il y avait plus de clients dans la salle à manger. Pour ça, il faudra une bonne dose de chance et Clover - ce qui signifie trèfle, comme dans trèfle à quatre feuilles - a un nom prédestiné... et du talent en cuisine.

Malgré tout, cela fera bientôt six mois que ce restaurant a ouvert ses portes, rue Bank, et c'est l'anonymat complet. Un samedi soir, ce devrait être une fête, tant pour les dîneurs que pour le personnel. Mais à peine cinq tables, une douzaine de places sur les 40 disponibles.

Encore faut-il le trouver. Coin Bank et Laurier, le midi, ça va; mais le soir, c'est plutôt désert. Il n'y a pas d'affiche sur la porte, juste un dessin un peu psychédélique dans la fenêtre. Vaut mieux se souvenir de l'adresse: c'est le 155. Pour ceux qui s'en souviennent, il y avait là une sandwicherie auparavant: Bowich.

Cette détermination à ouvrir un restaurant dans un coin un peu ordinaire, avec une architecture bien spéciale: cela témoigne tout de même du puissant dynamisme qui caractérise la scène culinaire ces temps-ci. À Ottawa et ailleurs au pays. Il se lance bien des établissements, même malgré des obstacles évidents. On aurait pu croire la chef-propriétaire West de Castro figée par les problèmes qui ont affligé son ancien employeur, Zen Kitchen. Hé bien non, elle a persévéré. Sans doute a-t-elle confiance en son talent. Et de fait, sa nourriture mérite d'être reconnue et appréciée. Elle affiche une belle générosité en cuisine. Plein de saveurs, des plats modernes, bien imaginés, originaux.

Une petite carte

La carte est limitée (deux entrées, cinq plats principaux, trois desserts), mais il vaut mieux faire quelques plats très bien que trop de plats moins bien. Les portions sont modestes, mais les prix sont ajustés en conséquence.

On ne lésine pas sur la qualité des ingrédients; et s'ils sont de la région, le menu en vante les artisans publiquement. Une petite salade verte, toute simple, mais croquante, illustrait justement cette attention en cuisine. Certains pourraient croire que c'est un détail; au contraire, c'est la base d'une cuisine de goût.

Trop de restaurants hésitent à sortir des standards au niveau des viandes. Combien de menus alignent saumon, poulet, boeuf et porc comme si c'était les seules protéines et les seules préparations disponibles. La chef de Castro n'hésite pas à aller plus loin.

Il y a du poulet, mais au lieu de la poitrine ou de la cuisse, la viande brune est servie en sauce chasseur (23$).

Il y a du poisson; pas du saumon, mais de la morue charbonnière (23$) avec ses gros flocons qui se détachent aisément. La douce amertume d'un lit de chou taillé la complète finement.

Le porc n'est pas du filet, mais est haché puis préparé en pain de viande (24$): c'est le plat le plus faible du lot parce que la préparation manque de relief, d'épices.

Le menu propose aussi un plat de pâtes, des bucatini pour faire différent, genre de gros spaghetti creux. Et une assiette végétarienne, où la chef explore le panais de quatre façons: bel exercice!

De l'audace

Au dessert, encore de l'audace avec de la polenta grillée nappée d'un caramel maison (8$) qui marie moelleux, croustillant et sucré. La pannacotta (8$), dessert très italien, est parfaitement réalisée, légèrement crémeuse, doucement sucrée.

Quant à la carte des vins, elle fait une large place aux vins canadiens, qui s'améliorent toujours en qualité et en variété.

Tristement, comme c'est trop souvent le cas à Ottawa, menu et service ne sont disponibles qu'en anglais. Il y a deux manières de voir ça. On leur pardonne parce qu'ils ont le plus pressant problème à régler, celui d'attirer des clients. Ou on leur reproche en leur soulignant que justement, s'ils étaient plus accueillants pour les clients de langue française, leur base de clientèle s'en trouverait d'autant élargie.

Pour deux personnes, calculez entre 70 et 80$, plus taxes, boissons et service.

RÉSULTATS

CUISINE : 8,5/10

SERVICE : 4/6

DÉCOR : 2/4

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer