Véronique Rivest a enfin Soif!

Soif est un bar à vin avant toute... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Soif est un bar à vin avant toute chose. La cuisine, pour une fois, agit comme accompagnement aux vins et non l'inverse. C'est ce que Véronique Rivest elle-même disait il y a quelques mois.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Jamais dans l'histoire de la région un restaurant aura-t-il suscité un tel engouement.

Soif - Bar à vin

88, rue Montcalm,

Gatineau, QC.

819-600-7643

www.soifbaravin.ca

Cote Jury 14/20

Cela est évidemment dû à la renommée de sa propriétaire, Véronique Rivest, sommelière de calibre mondial. Et jamais un établissement se sera-t-il fait autant désirer. L'ouverture a été repoussée de mois en mois, de saison en saison. Mais voilà. C'est fait. C'est ouvert depuis un mois. Alléluia, le mystère n'est plus.

L'histoire de Véronique Rivest est bien connue. Elle mérite quand même d'être répétée. Sommelière longtemps associée au restaurant Les Fougères, à Chelsea, formée à la fois en Alsace et ici, elle se lance dans l'aventure tourbillonnante des concours de sommellerie en 1996. Et réalise qu'elle a des aptitudes. Elle gravit les échelons et se rend jusqu'à la finale mondiale. Jamais un Canadien, jamais un Québécois, jamais une femme n'avait fait aussi bien que sa deuxième place, en avril 2013.

Sa renommée bien assise, celle qui signe une chronique vin dans LeDroit décide de revenir à une vie plus régulière, soit de lancer son propre établissement. Par fierté régionale, elle choisit de le faire à Gatineau, dans un espace de la rue Montcalm longtemps occupé par le populaire Twist. L'Outaouais doit s'en enorgueillir, elle aurait pu aller loin - ou même juste à Ottawa.

Modeste malgré tout, elle ne lui donne pas son nom, mais le baptise Soif. Ce qui a quand même du charme.

D'abord bar à vin

Il s'agit d'un bar à vin avant toute chose. La cuisine, pour une fois, agit comme accompagnement aux vins et non l'inverse. C'est ce que Véronique Rivest elle-même disait il y a quelques mois. «Il y aura des petites bouchées pour accompagner le tout, mais le chef ne sera pas la vedette. Les bouchées seront là pour mettre le vin en valeur.»

Entre les plans de 2013 et la réalité de l'automne 2014, il y a une différence. Le menu concocté par deux jeunes chefs de la région, Élise Douville et Étienne Cuerrier, propose plus que des «bouchées». On annonce en plus «tartines, planches, petits plats et bec sucré». Une vingtaine d'offres dont le dîneur aura vite fait le tour.

Le plan de refaire la carte à toutes les saisons devrait être révisé: il n'y a aucune raison de ne pas introduire de nouvelles saveurs à tous les mois - ou même à toutes les semaines.

D'autres le font bien, non?

Moderne et classique

Soif souffre malgré lui de sa longue gestation et des attentes qui étaient placées sur lui.

Le menu est très actuel, tout en puisant souvent dans certains classiques du passé. Ainsi, la truite fumée (9$), l'onglet de boeuf (16$) et le poisson (morue charbonnière ou doré, 15$) côtoient de «vieux» plats comme le boudin noir (11$), le grilled cheese (8$) ou les oeufs farcis, ou à la diable (4$).

Les premiers sont parfaitement exécutés à partir d'ingrédients de qualité. À ce prix, ce sont des portions réduites, ce qui est tout à fait bien. Leur seul défaut sera qu'on les retrouve souvent ailleurs. Ils manquent d'originalité. Mais au moins, c'est mieux que le boudin, le grilled cheese ou les oeufs farcis, qui sont vraiment ordinaires. Quand on va au restaurant, ce n'est pas pour manger ce que l'on peut faire à la maison.

On pourrait presqu'en dire autant pour les tartines de champignons sauvages (10$): légèrement sautés, sur un bout de bon pain, et une noix de ricotta maison dessus. Disons que le coefficient de difficulté n'est pas élevé.

Le plus original du menu, c'est sans contredit l'os à moelle rôti (9$), taillé sur sa longueur pour que sa substance à coeur s'offre au gourmand.

Au dessert, l'inspiration fait là aussi défaut: un shortcake, une crème et son sablé, et trois truffes chocolat. Un pâtissier à la rescousse?

Passion contagieuse

On l'aura deviné, comme Véronique Rivest le souhaitait dès le départ, c'est pour les vins que l'on ira chez Soif. Et pour Véronique elle-même, pour sa passion contagieuse qu'elle a pour le nectar des dieux. Une carte des vins longue d'environ 75 bouteilles, dont le quart à des prix doux de moins de 50$. Plusieurs des vins les plus accessibles sont offerts au verre, en portion de 2 ou 4 onces (une merveilleuse idée). Un jour, bientôt on l'espère, certains des vins les plus onéreux seront aussi offerts au verre, même si c'est en rotation. La technologie d'un appareil comme Enomatic le permet.

Cela dit, l'un des grands défis de Véronique Rivest est de faire sentir sa présence sans y être. Car elle ne peut y être tous les jours où Soif est ouvert... ce qui est tous les jours. Après quelques semaines, elle a réussi à assembler une équipe de service en salle qui donne le goût du vin, sans avoir évidemment tout le talent de la patronne.

Avec son accueil sympathique et sa salle à manger chaleureuse (merci aux murs de liège!) sans être intimidante, Soif s'impose déjà auprès d'une clientèle locale. Ce bistrot doit aller plus loin encore et profiter de toute la renommée de Véronique Rivest pour réaliser tout son potentiel. Pour cela, il faudra plus que quelques semaines de rodage.

Pour deux personnes, calculez entre 40 et 50$, plus taxes, boissons et service.

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