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La démocratie alimentaire de Bob le chef

Ceux qui ne connaissent pas Bob le chef... (Archives, La Presse)

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Ceux qui ne connaissent pas Bob le chef peuvent toujours se rattraper sur Internet. Depuis 10 ans, Robert-James Penny - c'est son nom - a signé quelque 150 capsules disponibles au www.boblechef.com .

Archives, La Presse

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C'est maintenant la mi-octobre, ça fait donc un peu plus d'un mois que les étudiants sont entrés à l'université. Et donc un peu plus d'un mois qu'ils survivent avec des tartines de beurre d'arachide et, pour les plus doués d'entre eux, avec des bâtonnets de poisson et du Kraft Dînner.

Les nutritionnistes sauteront sur l'occasion de nous dire qu'il est temps de corriger leur alimentation.

Mais nul besoin d'attendre ces papesses de la rectitude alimentaire, qui sonnent parfois comme des matantes qui disputent les enfants ne mangeant pas leurs légumes. Ce sont les étudiants eux-mêmes qui commencent à s'ennuyer de toujours manger la même chose.

Ils n'avoueront peut-être pas que la cuisine de maman leur manque, mais les gestes parlent tout seuls. Ils étaient une quarantaine pour assister à un atelier de cuisine de nul autre que Bob le chef, mercredi soir, à la salle Terminus de l'Université d'Ottawa.

Un vrai chef

Vous ne connaissez pas Bob le chef? C'est sans doute parce que vous ne faites pas partie de son public cible.

Les adeptes de skate et de casquettes à l'envers, c'est son fan-club. C'est d'ailleurs par la planche à roulettes que Robert-James Penny - c'est son nom - s'est lancé dans la cuisine devant public. «Mon ami Alexis Breault faisait des vidéos de skate et quand je faisais à manger pour la gang après, les gens aimaient ça. Sa blonde Mathilde Pigeon a eu l'idée de me filmer. Quand on a présenté ça dans un forum dédié au skateboard, la réaction a été immédiate. On s'est dit qu'on était sur la piste de quelque chose...»

Ce n'est pas un hasard si Bob le chef cuisinait pour ses amis. Parce que c'est son métier. Diplômé de l'Institut de tourisme et d'hôtellerie du Québec en 1999, il travaillait et travaille toujours dans un restaurant «sérieux» de Montréal. Aujourd'hui, il est chef au restaurant Misto, sur le plateau Mont-Royal, et il est passé par d'autres tables comme Brunoise, Mediterraneo, le Globe,etc.

De la cuisine déjantée

Mais c'est son côté déjanté qui a fait de lui une vedette dans les rangs culinaires du Québec.

Disons qu'il n'y a personne qui aborde la cuisine à sa manière.

«Devant les étudiants de l'université, comme souvent je le fais devant d'autres publics, j'aime présenter cinq ou six recettes que l'on peut faire en 45 minutes avec pas grand-chose entre les mains: un oignon, des champignons, une tomate, un poivron, un restant de poulet,etc. «Ça finit par un chop suey, des pâtes, un couscous.»

«Les gens l'ont bien aimé parce qu'il n'est pas intimidant, a résumé Alexandre Boileau, du Service de vie communautaire de l'Université d'Ottawa. Il a une belle proximité avec les gens, il les fait goûter ce qu'il prépare, il n'est vraiment pas gênant.

«S'il n'y avait pas plus de monde, c'est que nous sommes en pleine semaine d'examens.»

Ceux qui l'ont raté peuvent toujours se rattraper avec Internet. Depuis 10 ans, Robert-James Penny a réalisé avec ses amis quelque 150 capsules culinaires («dont certaines ont été vues plus de 100000 fois!»). C'est disponible au www.boblechef.com.

«Notre premier contrat, on a reçu 400$ pour 50 capsules vidéo. Ce n'était même pas assez pour payer la bouffe! Depuis, on s'est repris.»

Des démos de cuisine comme à l'Université d'Ottawa, il en a deux par mois. Plus ses apparitions à diverses émissions de télévision, comme Salut bonjour, L'Épicerie,etc.

Ceux qui préfèrent le papier peuvent consulter l'un de ses trois livres publiés aux Éditions La Presse: L'anarchie culinaire selon Bob le chef, L'anarchie culinaire: la revanche et L'anarchie culinaire: la faim du monde 3.0. Tous savamment illustrés et présentés avec un langage simple, utilisant des ingrédients de tous les jours, et une attitude un peu irrévérencieuse. «Un peu comme un prof de secondaire qui doit rendre sa matière intéressante», a déjà lancé Bob le chef, en guise d'analogie.

L'apothéose

Toutes les recettes simples sont dans son répertoire - même comment faire un Big Mac maison.

Il se met aussi incroyablement bien dans la peau des jeunes, particulièrement des gars, qui n'ont qu'une chose en tête: impressionner les filles dans l'espoir de les faire craquer. Il ne rate d'ailleurs jamais une occasion de rappeler l'histoire de cet ado qui vouait une admiration sans borne «parce qu'il avait perdu sa virginité en faisant goûter mon gâteau au chocolat à sa blonde». Mission accomplie!

Les universitaires à Ottawa n'en sont plus là, mais le ton demeure. Et ça marche toujours!

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