Le Suya Spot «se doit d'être fermé»

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Le restaurant Suya Spot a été le théâtre de l'un des deux homicides du week-end à Ottawa

Martin Roy, LeDroit

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Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Les policiers d'Ottawa ont répondu à une centaine de plaintes pour du désordre public au cours des trois dernières années au restaurant Suya Spot, a indiqué lundi le chef de police Charles Bordeleau. Cet établissement, qui a été le théâtre du plus récent meurtre dans la ville, est « un aimant à activités criminelles », a-t-il illustré lors de sa comparution devant la Commission de services policiers d'Ottawa.

« Les méfaits qui ont fait l'objet d'enquêtes incluent l'intoxication publique, la vente illégale d'alcool, le vol, usage négligent d'une arme à feu, agressions et autres délits avec des armes et de la drogue. Cet endroit est devenu un aimant d'activités criminelles, et se doit d'être fermé », a plaidé le chef du Service de police d'Ottawa.

Le Suya Spot est cet établissement situé à l'angle de l'avenue Shillington et du chemin Merivale, à l'ouest de la Ferme expérimentale, où Abdi Jama, 26 ans, a été criblé de balles vers 6 h, dimanche matin.

Jama, que la police croit associé aux gangs de rue, fut la victime du 13e homicide de l'année à Ottawa, et du 48e incident impliquant l'usage d'une arme à feu dans la ville.

Le bar-restaurant a perdu son permis d'alcool, mais a continué à vendre de la boisson dans l'illégalité, a indiqué le chef de police d'Ottawa.

Des citoyens du quartier rencontrés dimanche sont exaspérés par la situation, et veulent la fermeture de l'établissement. Malgré les nombreuses plaintes, Charles Bordeleau a indiqué que les lois en place ne permettent pas à la police de fermer l'établissement pour de bon.

« Nous devons travailler à l'intérêt d'un cadre légal. De plus, nos policiers ont été la cible d'allégations de harcèlement concernant notre travail à cet endroit. Nous n'avons pas l'autorité légale de fermer un établissement. Nous ne pouvons pas dire à un commerçant qu'il ne peut pas opérer. Nous avons emmené les pompiers avec nous, mais ils ne voulaient pas nous laisser entrer. Nous avons dû demander à l'escouade tactique de défoncer la porte pour permettre aux pompiers d'effectuer leur travail. Cela aussi nécessite une autorisation. C'est un endroit où il est très frustrant pour nous d'intervenir », a continué Charles Bordeleau.

La capitale fédérale a connu un week-end violent avec les 12e et 13e meurtres de l'année qui ont été commis sur son territoire depuis le début de 2016. La police d'Ottawa ne croit pas qu'il y a des liens entre les deux homicides. Toutefois, elle a précisé que les deux individus ciblés leur étaient connus. Samedi, Jacob Thompson, 40 ans, d'Ottawa, est mort après avoir été atteint de projectiles d'arme à feu.

Aucun suspect n'a été arrêté en lien avec ces deux assassinats.

Pas de caméras corporelles avant 2018

Les policiers d'Ottawa ne porteront vraisemblablement pas de caméras corporelles avant 2018.

Le Service de police d'Ottawa (SPO) se doit, avant d'entreprendre un projet pilote, de développer une politique de règlements et de procédures, d'identifier et d'obtenir les équipements et les solutions informatiques appropriées, et de prévoir les budgets, a expliqué lundi le chef du SPO, Charles Bordeleau, devant les membres de la Commission de services policiers d'Ottawa.

« Pour le moment, il n'y a aucune enveloppe dans l'ébauche du budget des dépenses pour 2017 pour les caméras corporelles, mais nous allons continuer de suivre les développements dans ce dossier alors que nous préparons un rapport pour la Commission en prévision d'un projet pilote. Ce rapport devrait être déposé en 2017. Il traitera des options, des coûts, des échéanciers et défis au sujet de ce type de technologie », a continué le chef de police d'Ottawa.

Le chef Bordeleau a dit constater un désir grandissant de la population et des policiers sur l'usage des caméras corporelles. La police d'Ottawa suit d'ailleurs de près le projet pilote qui se déroule à Toronto.

Les policiers d'Ottawa se préparent pour 2017

Quelque 1200 événements sont prévus l'année prochaine dans la capitale pour le 150e anniversaire de la Confédération, des festivités qui tiendront les premiers répondants occupés. Si toutes les activités ne nécessiteront pas nécessairement une présence policière, le Service de police d'Ottawa (SPO) se prépare néanmoins depuis plusieurs mois en vue d'au moins 25 événements majeurs où des foules imposantes sont attendues, dont la veille du Nouvel An, le Red Bull Crashed Ice, la fête du Canada et le match de la coupe Grey, a indiqué lundi la surintendante Joan McKenna du SPO lors d'une audience de la Commission de services policiers d'Ottawa.

Le SPO travaille en collaboration avec les services ambulanciers et d'incendies d'Ottawa, la Ville d'Ottawa, OC Transpo, Santé publique d'Ottawa, la GRC, la police provinciale de l'Ontario et le Service de police de la Ville de Gatineau.

Les autorités ont mis en place des stratégies d'atténuation des risques qui comprennent divers facteurs, dont la présence ou non d'alcool sur un site d'activité et la composition démographique de la foule.

Le budget des dépenses pour la police d'Ottawa associé au 150e de la Confédération doit être complété cet automne.

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