Le culot des gangs de rue inquiète les autorités

Le premier attentat de dimanche s'est déroulé vers... (Martin Roy, Archives LeDroit)

Agrandir

Le premier attentat de dimanche s'est déroulé vers 3h20 dans un bar du très achalandé marché By. Il s'est soldé par la mort d'Omar Rashid-Ghader. Il s'agissait du 11e homicide à Ottawa cette année.

Martin Roy, Archives LeDroit

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page
Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

L'effronterie des membres des gangs de rue inquiète grandement les autorités policières et municipales d'Ottawa, au lendemain d'une série d'événements violents qui a fait une victime dimanche.

«La balle ne choisit pas où elle ira», a illustré le surintendant de la police d'Ottawa, Don Sweet. On est vraiment chanceux qu'il n'y a eu aucun membre du public qui a été blessé. Ça nous inquiète beaucoup. Ça m'inquiète beaucoup. C'est très sans-gêne. On fait ça le midi. Ce n'est plus à 2 h du matin dans un endroit isolé. Ça se déroule dans des lieux où il y a beaucoup de témoins et beaucoup de victimes potentielles.»

C'est notamment ainsi qu'a réagi le surintendant Sweet, lundi, après que la ville eut été le théâtre de quatre fusillades dimanche. Ottawa a connu 43 fusillades jusqu'à présent en 2016, et il reste encore quatre mois et demi avant la fin de l'année. À titre comparatif, il y a eu 46 fusillades en 2015 et 49 en 2014. 

Le premier attentat de dimanche s'est déroulé vers 3h20 dans un bar du très achalandé marché By. Il s'est soldé par la mort d'Omar Rashid-Ghader, notamment connu pour avoir eu des liens avec les Ledbury-Banff Crips. Il s'agissait du 11e homicide à Ottawa cette année.

Une autre fusillade a eu lieu en pleine rue, vers 16h50 dimanche, dans l'est de la ville, alors que les occupants de deux voitures se seraient échangé plusieurs coups de feu. Les deux autres fusillades ont eu lieu plus tôt en journée, soit vers 3h30, alors que des projectiles ont atteint une résidence, ainsi que vers 5h15 alors qu'un homme de 25 ans fut gravement blessé après avoir été atteint par balles au moment où il était passager d'une voiture.

«Avant, on parlait d'un phénomène, mais ce n'est plus ça. Les armes étaient présentes auparavant, mais ils ne l'utilisaient pas. C'est la réalité, maintenant. Ils sont audacieux. Ils les utilisent pour beaucoup de raisons, que ce soit la drogue, l'argent ou pour demander le respect», a expliqué le policier.

Bien qu'ils aient une bonne idée de qui se cache derrière les attentats, les enquêteurs se butent à des personnes qui collaborent peu.

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, qui s'est dit préoccupé par le nombre de fusillades, a indiqué qu'il est essentiel pour les témoins de collaborer avec les autorités. 

«Il faut continuer de travailler avec la police pour trouver ces individus qui sèment le chaos dans nos quartiers. Les gens voient des balles atteindre des maisons ou des voitures. Nous sommes chanceux que personne d'autre n'ait été tué en fin de semaine», a raconté le maire Watson.

Des enquêteurs des crimes majeurs, de la section des bandes de rues et des armes à feu et de la division générale travaillent ensemble pour tenter d'élucider ces attentats.

Le surintendant a demandé au chef de police, Charles Bordeleau, une hausse du nombre de policiers affectés à la lutte contre les gangs de rues avec les embauches à venir.

«Ottawa n'est pas Toronto, mais comme les grandes villes, c'est fort possible que des choses comme ça se passent. Les incidents ne sont pas aléatoires, ils sont ciblés. [Les gangs] ciblent un individu. Ainsi, les personnes innocentes ne devraient pas s'inquiéter. Mais, comme je l'ai dit, ces attentats se passent dans des lieux où le public est présent. C'est la réalité d'une grande ville», a continué le surintendant de la police d'Ottawa, tout en précisant qu'Ottawa est une ville sécuritaire.

Selon la police, il y aurait, d'après des données de la fin de 2015, approximativement 435 membres et associés de gangs de rues à Ottawa, avec 110 membres confirmés. Il y aurait six gangs de rues confirmés sur le territoire de la ville.

Des commerçants de la rue Dalhousie préoccupés par le crime

La fusillade de dimanche matin au bar Sentral n'est pas l'unique crime qui préoccupe les commerçants de la rue Dalhousie. Une rencontre avait lieu lundi soir à l'hôtel de ville d'Ottawa pour faire le point sur une récente série d'entrées par effraction dans le nord de cette artère du marché By.

Selon le conseiller de Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, les commerçants touchés avaient demandé la rencontre, inquiets de la lenteur de l'enquête du Service de police d'Ottawa.

Ils ont toutefois eu une bonne nouvelle dans les heures qui ont précédé la rencontre puisque le présumé responsable, Michael Alexander Lavergne, a été appréhendé. Il fait face à neuf chefs d'accusation d'entrée par effraction et deux chefs pour méfait. L'homme de 35 ans doit comparaître au palais de justice d'Ottawa le 22 août.

Le conseiller Fleury a indiqué que malgré cette annonce, certaines inquiétudes demeuraient parmi les commerçants qui souhaitent entre autres être intégrés au périmètre d'amélioration commerciale du quartier.

- Julien Paquette, LeDroit

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer