Dernier adieu à Abdirahman Abdi

Le corps de Abdirahman Abdi a fait son... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Le corps de Abdirahman Abdi a fait son entrée dans l'établissement dans un cercueil en contreplaqué enveloppé d'une couverture verte ornée de mots en arabe.

Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Parents, proches, amis et membres de la communauté musulmane se sont entassés par centaines dans la mosquée principale d'Ottawa, vendredi après-midi, pour rendre un dernier hommage à Abdirahman Abdi, le Canadien d'origine somalienne décédé à la suite d'une opération policière controversée.

L'intérieur de la mosquée était rempli à craquer lorsque la cérémonie a débuté, vers 13 h. Près d'une centaine de personnes se sont massées sur le parvis de l'édifice et dans le stationnement. 

Le corps du Somalien de 37 ans a fait son entrée dans l'établissement de l'avenue Northwestern, dans un cercueil en contreplaqué enveloppé dans une couverture verte ornée de mots en arabe peints en or.

Un sentiment de tristesse et d'incompréhension flottait pendant la cérémonie, alors que plusieurs ont toujours de la difficulté à comprendre ce qui s'est produit le 24 juillet dernier, dans le quartier Hintonburg.

« La communauté musulmane est attristée, la communauté somalienne est attristée, nous sommes tous attristés par les événements. La tragédie touche beaucoup de gens et plusieurs communautés, a mentionné Ahmed Ibrahim, vice-président de l'Association musulmane d'Ottawa. Nous avons tous des questions, nous avons tous de nombreuses questions qui exigent des réponses. Nous espérons tous une enquête ouverte et transparente. »

Les gens présents se sont rappelé l'homme « bon, doux et aimant » qu'était Abdiraham Adbi.

L'imam Sikander Hashmi, de l'Association musulmane de Kanata, a lu une déclaration de la part des membres de la famille du défunt. « Aucun être humain, particulièrement quelqu'un d'innocent comme lui, ne mérite de mourir ainsi, a-t-il dit pendant la cérémonie. Aucun mot ne peut expliquer la profondeur de notre amour pour lui. »

Le maire d'Ottawa, Jim Watson, était présent en compagnie du conseiller Jeff Leiper, et des députés libéraux Yasir Naqvi, Bob Chiarelli et John Fraser. De son côté, le chef du Service de police d'Ottawa, Charles Bordeleau, a préféré ne pas prendre part à la cérémonie. Il a transmis ses condoléances plus tôt cette semaine.

M. Watson, qui était en vacances lorsque les événements sont survenus, a indiqué que la mort de M. Abdi était un événement tragique pour toute la communauté d'Ottawa. Il a parlé publiquement pour la première fois depuis l'annonce du décès.

Juste avant les prières, deux frères du défunt ont parcouru la mosquée, visiblement émus, pour serrer les mains des gens présents.

Les membres de la famille d'Abdiraham Abdi ont tenu à dire un dernier adieu en privé. Le service funéraire a été suivi d'une procession à l'écart des médias, dans un cimetière d'Ottawa.

Un appel au calme

Les questionnements étaient nombreux, vendredi, jour des funérailles d'Abdirahman Abdi, face à l'intervention policière ayant entraîné sa mort. Plusieurs membres de la communauté ont lancé un appel au calme, en attendant le rapport de l'Unité des enquêtes spéciales (UES) de l'Ontario.

L'homme de 37 ans, qui souffrait de problèmes de santé mentale, selon ses proches, a été transporté à l'hôpital dimanche à la suite d'une arrestation policière. Selon plusieurs témoins, les agents ont été violents avec M. Abdi et ce dernier est décédé des suites de ses blessures, lundi après-midi. L'UES doit déterminer les causes de l'altercation et le niveau de force utilisé par les policiers lors de l'intervention.

Dans un déclaration lue vendredi, la famille demande une enquête ouverte et transparente.

Présent aux funérailles, le Procureur général de l'Ontario et député d'Ottawa-Centre, Yasir Naqvi, a indiqué qu'une refonte de la formation des policiers est en cours, notamment en ce qui a trait aux interventions avec une clientèle souffrant de troubles de santé mentale.

« La question la plus importante est de déterminer quel type de formation doit être donnée aux policiers quand vient le temps d'intervenir avec des gens ayant un problème de santé mentale. C'est une partie importante des discussions présentement », souligne M. Naqvi.

Certains policiers d'Ottawa ont été la cible d'intimidation, depuis l'arrestation controversée survenue dimanche sur la rue Hilda.

« J'espère que c'est une situation isolée, a commenté le maire Jim Watson. J'ai beaucoup de respect pour les hommes et les femmes dans la police. Ils ont un travail très difficile et particulièrement avec les défis de la condition de santé mentale de certaines personnes. J'espère que la communauté va travailler ensemble. »

La vague de soutien envers la famille Abdi n'est pas prête de s'estomper. Une « marche pour la justice » est prévue samedi au Somerset Square, devant les lieux du drame, à 13 h 30. Les marcheurs se rendront ensuite jusqu'au quartier général de la police d'Ottawa, sur la rue Elgin.

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