Traite de personnes: l'ignorance comme plus grand obstacle

Un des plus grands obstacles à la lutte contre la traite des personnes dans la... (Archives La Presse Canadienne)

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Charles-Antoine Gagnon

Collaboration spéciale

Le Droit

Un des plus grands obstacles à la lutte contre la traite des personnes dans la région de la capitale fédérale est le fait que peu de personnes savent que le problème existe, avance un document publié vendredi.

« Non seulement le citoyen ordinaire local ne le sait pas, mais aussi les fournisseurs de services l'ignorent », a indiqué la Coalition d'Ottawa pour mettre fin à la traite des personnes (COMFTP) dans son rapport sur les obstacles qu'elle a décelés entre novembre 2014 et décembre 2015.

« Si les fournisseurs de services ne savent pas que c'est un problème dans notre communauté, ils ne sauront pas qu'ils doivent y payer attention ou comment le reconnaître, et sans aucun doute ils ne sauront pas comment intervenir et réagir de manière appropriée », a souligné l'organisation, précisant qu'il est essentiel que les intervenants chez les fournisseurs de service reçoivent une formation sur la traite des personnes. Le COMFTP offre une formation, précise-t-elle, mais elle signale que des ressources additionnelles sont nécessaires pour mener une sensibilisation plus large.

Le rapport fait mention de plusieurs autres obstacles auxquels les personnes faisant l'objet de la traite des personnes font face dans la région d'Ottawa, dont, entre autres, l'absence de mécanisme de collecte de données, des services limités après les heures normales de bureau ainsi que l'absence d'un refuge sécuritaire pour les victimes et de programmes de financement permanents pour combattre le problème.

Une personne est victime de traite lorsqu'une autre personne l'exploite, généralement sexuellement ou pour du travail forcé, et qu'elle menace d'utiliser la force ou d'autres contraintes afin de limiter ses déplacements. 

Le Service de police d'Ottawa possède une unité de lutte contre la traite de personnes. Des jeunes femmes ont été secourues à la suite de l'opération Northern Spotlight en 2015, et pas plus tard que le 13 juin 2016, les autorités policières annonçaient le dépôt d'accusations contre un homme de 23 ans soupçonné de traite de personne. En février, un individu de 34 ans a été inculpé de traite de personne. La victime était une adolescente de 15 ans.

Le COMFTP recommande au service de police d'Ottawa qu'il offre une formation à tous ses membres sur la traite des personnes, et sur la manière de reconnaître les traumatismes chez les victimes.

En 2015, la section antigang de la police de Gatineau a effectué plusieurs opérations de prévention en matière de traite de personnes et de proxénétisme qui les ont menées à rencontrer huit filles jugées à risque, dont trois d'âge mineur, selon le bilan annuel du SPVG. Dans la majorité des cas, précise le document, les enquêtes étaient toujours en cours au moment de sa publication au printemps 2016.

Un rapport publié en 2014 par l'Alliance contre l'esclavage moderne avait dénombré 551 cas de traite de personnes en Ontario de 2011 à 2013. 90 % des victimes étaient de sexe féminin. Plus d'une personne sur dix (63 %) était âgée de 15 à 24  ans.

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