Mike Duffy fait le récit de sa vie

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Le sénateur conservateur déchu Mike Duffy a témoigné à son procès mardi

Sean Kilpatrick, La Presse Canadienne

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Jennifer Ditchburn
La Presse Canadienne

Le sénateur Mike Duffy a commencé à témoigner, mardi, à son procès pour fraude, corruption et abus de confiance, et son avocat lui fait raconter le récit de toute sa vie.

De son enfance passée à l'Île-du-Prince-Édouard à ses années de journaliste vedette à la télévision jusqu'à son arrivée au Sénat, en passant par ses ennuis de santé, tout y passe de cette vie où rien, dit-il, n'a été simple.

Mike Duffy avait pris la parole publiquement pour la dernière fois à l'automne 2013, au Sénat même, dans un discours au ton dramatique mais irrité.

Il a depuis plaidé non coupable, en avril dernier, aux 31 chefs d'accusation de fraude, de corruption et d'abus de confiance relativement à des réclamations de dépenses en matière de logement, de voyages et de services divers au Sénat. Le sénateur doit aussi répondre du «chèque secret» de 90 000 $ qu'il a reçu de Nigel Wright, alors chef de cabinet du premier ministre, pour rembourser certaines de ces réclamations de dépenses jugées inadmissibles.

Son avocat plaide jusqu'ici que les règles entourant les dépenses des sénateurs étaient si vagues et confuses qu'elles laissaient place à une grande interprétation. Un rapport de la firme de vérification externe Ernst & Young a d'ailleurs conclu, en 2010, que les critères régissant les dépenses admissibles au Sénat étaient imprécis.

Me Donald Bayne plaide aussi que la garde rapprochée du premier ministre a poussé le sénateur à déclarer publiquement qu'il avait remboursé certaines dépenses discutables, alors que ce n'était pas le cas.

Un homme vulnérable, plaide la défense

La stratégie de la défense, en ce premier jour de témoignage, est évidente: brosser le portrait d'un homme fortement enraciné à l'Île-du-Prince-Édouard, qui a connu une longue et brillante carrière de journaliste mais qui possédait peu d'expérience pour administrer un bureau, et dont les problèmes de santé chroniques le rendaient vulnérables aux pressions extérieures.

«Quelle pertinence avec les accusations de fraude?», s'est objecté, exaspéré, le procureur de la Couronne Mark Holmes, lorsque Me Bayne a exhibé la longue liste des médicaments que l'accusé doit prendre.

«Il prenait déjà (ces médicaments) au moment où il subissait toute cette pression. Votre honneur devra évaluer sa vulnérabilité face à la pression qui pesait sur lui», a plaidé la défense.

Grâce au minutieux récit de sa vie, on a notamment appris, mardi, que le grand-père de l'accusé, Charles Gavan Duffy, avait été président de l'Assemblée législative de l'Île-du-Prince-Édouard, et que les parents de Duffy ont passé toute leur vie dans cette province - ses frères et soeurs y habitent d'ailleurs toujours.

Mike Duffy a ensuite raconté comment il avait amorcé sa carrière médiatique, à l'âge de 15 ans, en animant une émission de télévision pour les jeunes, puis en rédigeant des comptes rendus de matches de football locaux pour La Presse Canadienne. À 17 ans, il quitte l'école pour entrer au Charlottetown Guardian.

Puis, de petits boulots en rebuffades, il arrivera finalement sur la colline du Parlement à Ottawa en 1973, où il sera repêché l'année suivante par la CBC. Quatre ans plus tard, il devient «reporter national» et est déployé un peu partout dans le monde.

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