Quand le crime se partage la même arme

Le même pistolet peut avoir servi plusieurs fois dans l'un des 42 incidents... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Le même pistolet peut avoir servi plusieurs fois dans l'un des 42 incidents impliquant des coups de feu à Ottawa, en 2015.

La capitale est, encore cette année, le théâtre de nombreux incidents avec des armes à feu. Le Service de police d'Ottawa (SPO) en comptait 42, mercredi matin.

«Certainement. Le même pistolet peut avoir servi dans d'autres fusillades ou agressions armées, commente l'inspecteur Chris Renwick, de la police d'Ottawa. Nous en avons l'expérience: la même arme peut être utilisée par plus d'une personne dans plusieurs crimes. Les criminels qui se connaissent bien peuvent partager la même arme.»

L'inspecteur Renwick ne veut pas relier publiquement certains incidents entre eux, pour les besoins des enquêtes en cours. «On ne peut pas faire de liens tout de suite.»

Les armes utilisées dans ces 42 incidents sont dans une très grande proportion achetées illégalement. Les modifications de la loi fédérale sur le registre des armes à feu n'ont pas d'incidence directe avec le phénomène, croit le policier. «Ces armes illégales ont deux sources, dit-il. Le vol et les États-Unis. L'arme pouvait être légale de l'autre côté de la frontière, mais elle ne l'est plus ici. Ces armes, sur notre territoire, peuvent aussi être volées.»

Il est pourtant difficile, malgré les apparences, de se procurer une arme interdite au Canada. «Elles sont chères et il n'est pas facile de développer des contacts pour s'en procurer.»

À la source

Pour l'inspecteur Renwick, il importe de changer la culture des armes qui semble s'installer dans la capitale fédérale. «Il y a trente ans, ça se réglait à coups de poing. Aujourd'hui, les armes sont davantage acceptées pour toutes sortes de raisons. Ça peut être aussi banal qu'une chicane pour une fille, un gars qui pile sur le pied d'un autre dans un bar ou le désir d'être craint et respecté.»

La liste des tâches s'allonge à la police d'Ottawa. L'Unité des crimes majeurs et les policiers affectés aux armes et aux bandes de rues en ont plein les bras. La capitale a été le théâtre d'un 42e incident impliquant au moins un coup de feu, mardi soir. Sur son lit d'hôpital, la victime ne collaborait pas avec les enquêteurs. C'est du déjà-vu pour les policiers, souvent confrontés à ce «code d'honneur» des criminels gardant le silence pour éviter des représailles de la part de leurs rivaux.

«Je ne peux pas dire si la tendance va s'observer encore en 2016 ou 2017, mentionne l'inspecteur Renwick. Mais nous sommes préoccupés pas la sécurité publique. Ces événements se déroulent dans des endroits habités. On doit changer cette culture et ce désir d'être armé des jeunes qui veulent devenir de célèbres criminels. Il faut changer leur état d'esprit. C'est un gros défi.»

Les opérations de sensibilisation auprès de ces jeunes vulnérables mettront du temps avant de porter leurs fruits. «C'est un investissement à long terme. Il va y avoir des histoires à succès et des échecs.»

Un trio accusé de meurtre

Dady Jean a été abattu à l'extérieur du... (Martin Roy, archives LeDroit) - image 3.0

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Dady Jean a été abattu à l'extérieur du 340, rue Lacasse, à Ottawa le 14 novembre dernier.

Martin Roy, archives LeDroit

Trois personnes ont été accusées, mercredi, en lien avec le meurtre d'un homme de Vanier survenu le 14 novembre.

Dady Jean, 41 ans, a été abattu à l'extérieur du 340, rue Lacasse, à Ottawa. La victime aurait été impliquée dans une chicane, lors d'une soirée entre connaissances. Il a été atteint de deux balles dans le dos. La police d'Ottawa a arrêté deux premiers suspects mardi soir. La troisième personne a été arrêtée plus tard, mercredi.

Dominique Chrétien, 20 ans, Johnnie-Dean Locey-Derochie, 23 ans, et sa mère Candy Locey, 40 ans, ont tous été accusés dans cette affaire.

Il s'agit du septième homicide de 2015 à Ottawa, soit le plateau atteint dans la capitale en 2014.

Par ailleurs, la Ville de Gatineau compte un seul meurtre en 2015, soit celui de Christine MacNeil, tuée pas balles dans une chambre d'hôtel du Four Points, sur la rue Laurier. Son meurtrier n'a toujours pas été appréhendé.

Gatineau et Ottawa ont compté respectivement quatre et sept homicides en 2014.

Selon des chiffres rendus publics mercredi par Statistique Canada, 516 homicides ont été commis en 2014, à travers le pays. Les homicides par arme à feu au Canada ont d'ailleurs augmenté en 2014, note l'organisme fédéral. «La police a déclaré 156 homicides commis à l'aide d'une arme à feu en 2014, soit 21 de plus qu'en 2013 Cela représente une hausse de 14% du taux d'homicides commis avec une arme à feu. Malgré cette augmentation, le taux d'homicides commis à l'aide d'une arme à feu occupait le deuxième rang des plus faibles taux jamais enregistrés depuis que les données sont devenues disponibles en 1974.»

Le Manitoba continue d'afficher le taux d'homicides le plus élevé parmi les provinces, à 3,43 pour 100 000 habitants, alors que la moyenne canadienne est de 1,45.

Les villes de Toronto (83), Vancouver (46), Edmonton (40) Montréal (39) et Calgary (31) forment le «top 5» du pays en 2014.

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