Du cauchemar de guerre au meurtre

Le corps de  Melissa Richmond a été retrouvé... (Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit)

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Le corps de  Melissa Richmond a été retrouvé dans un fossé près du centre commercial South Keys, à Ottawa.

Simon Séguin-Bertrand, Archives LeDroit

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Il y avait cette petite fille de 10 ou 12 ans, assise derrière une Jeep. Vêtue d'une robe d'été, apeurée et demandant d'être sauvée, elle a été abattue d'une balle en pleine poitrine par le passager avant. Cette scène est devenue le pire cauchemar d'un militaire d'Ottawa qui, souffrant du stress post-traumatique, a tué à son tour sa conjointe à Ottawa, en 2013.

L'adjudant Howard Richmond a livré son témoignage, mardi, dans son procès pour le meurtre prémédité de Melissa Richmond, sa conjointe tuée de plusieurs coups de couteau et de tournevis, dans la nuit du 24 au 25 juillet 2013.

La Couronne a déclaré sa preuve close mardi matin, et l'avocat de la défense, Me Jason Gilbert, a appelé son client à la barre des témoins. La défense a admis que l'accusé avait bien commis le meurtre. Me Gilbert tente de convaincre le jury que le militaire ne peut être tenu criminellement responsable de ses gestes, à cause du syndrome de stress post-traumatique dont il souffre depuis ses années de service en ex-Yougoslavie, en 1992, et en Afghanistan, entre 2008 et 2011.

Femme crucifiée

Howard Richmond a raconté avoir vu une jeune fille être assassinée, et une femme adulte crucifiée parce qu'elle attendait un enfant conçu avec un homme d'une ethnie différente.

Melissa Richmond... (Courtoisie) - image 2.0

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Melissa Richmond

Courtoisie

L'accusé de 53 ans a peiné à s'exprimer lors de ces deux récits, étouffé par les sanglots.

Lors de sa mission en tant que Casque bleu, en Croatie, le soldat Richmond a tenté de convaincre deux hommes de laisser partir la jeune fille qui se trouvait sur leur banquette arrière. «La petite parlait dans sa langue. Je ne comprenais pas, mais je savais qu'elle me demandait de la sauver.»

Les Casques bleus ne peuvent engager le combat. Ils ne peuvent que riposter en cas d'attaque à leur endroit. «Le passager a tiré une balle dans la poitrine de la fille et m'a dit: 'C'est à cause de vous si elle est morte. C'est parce que vous êtes ici.'»

Cette scène horrible lui a fait faire des cauchemars pendant des années. L'accusé est revenu sur une autre image horrible d'une jeune adulte crucifiée à un mur parce qu'elle avait fait un enfant à un homme d'une autre ethnie.

En 2003, Howard Richmond a rencontré celle qui allait devenir sa conjointe, au Collège Algonquin d'Ottawa.

Les années ont passé, et le militaire est reparti en mission, en Afghanistan, où un frère d'arme s'est suicidé. Toujours plus dépressif, il a consulté un thérapeute et a obtenu son congé. Un de ses collègues l'aurait harcelé, le traitant de «plaignard», mais M. Richmond aurait retiré sa plainte pour harcèlement, craignant de perdre sa carrière.

Sa santé mentale se serait détériorée davantage le jour où il a vu un autre homme toucher la main de sa femme, lors d'une soirée avec des amis de couple. C'est après ce moment qu'il aurait commis l'irréparable.

Le mari a lui-même signalé la disparition de sa femme de 28 ans. Le corps a été retrouvé quelques jours plus tard dans un fossé près du centre commercial South Keys, à Ottawa.

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