Dussault reconnaît avoir mis le feu après son crime

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Une déflagration avait lourdement endommagé la maison située au 14, rue de Gaspé, et c'est dans les décombres que le corps de Diane Lahaie avait été retrouvé.

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Le meurtrier de Diane Lahaie, Patrick Dussault, a plaidé coupable à une accusation d'incendie criminel, mercredi, reconnaissant avoir mis le feu à la résidence de sa victime pour cacher son premier crime.

Le 27 juillet 2013, une déflagration a détruit une partie de la résidence de Mme Lahaie, rue Gaspé, à Gatineau. M. Dussault a tué la femme à coups de couteau deux jours plus tôt, mettant fin dramatiquement à une querelle à propos du paiement pour ses travaux de rénovation.

Un jury a reconnu la culpabilité de M. Dussault sur le chef de meurtre sans préméditation, cet automne, mais n'a pas eu à se prononcer sur l'accusation d'incendie criminel. Le tribunal a voulu éviter toute forme de «contamination» dans la décision du jury sur la culpabilité de Dussault dans l'affaire du meurtre.

Ce n'est que mercredi matin que le chef d'incendie criminel a été officiellement déposé, et que le détenu a plaidé coupable. Selon ce que la juge Hélène Di Salvo a évoqué, de l'essence a été aspergée dans le sous-sol, où le corps carbonisé de la victime a été découvert, le 27 juillet 2013.

La magistrate s'est montrée peu encline à accepter les peines proposées par la Couronne et la défense, dans les dossiers de meurtre et d'incendie criminel.

D'abord, la juge a fait comprendre qu'elle n'accepterait pas la peine de deux ans pour 'incendie criminel à purger de façon concurrente à celle de meurtre. «Deux ans, dans les circonstances, c'est extrêmement clément», a-t-elle commenté, sur le banc. Les avocats du ministère public et de la défense sont revenus en salle de cour avec une nouvelle proposition de cinq ans, toujours concurrente.

«Du lynchage public»

Dans le dossier de meurtre, les deux parties ont proposé de façon commune la peine automatique de prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle avant douze ans.

L'avocat de Patrick Dussault, Me Richard Dubé, a dénoncé les propositions sur la sentence faites par le jury, lors du verdict de culpabilité. Une loi permet aux jurés de soumettre la durée de la peine appropriée, après son verdict. La juge n'est pas tenue de respecter les propositions, qui dans ce cas, vont de 17 à 25 ans de détention avant l'admissibilité à une libération conditionnelle.

«C'est du lynchage public, a commenté Me Dubé. C'est à vous (la juge) de décider de la peine. Tout le monde veut pendre l'accusé. Ça n'a aucune valeur (...) ils ne sont pas instruits en droit.»

La juge Di Salvo a répondu que le jury avait pourtant assisté à tout le procès. «Le message ne peut pas être plus clair que ça, (...) que c'est un crime odieux et violent, a-t-elle répondu. Ça ne peut pas me passer dix pieds par-dessus la tête.»

La juge a pris l'affaire en délibéré, et doit rendre sa décision ce jeudi. Les proches de la victime n'ont pas voulu s'adresser au tribunal dans le cadre de ces représentations sur la peine.

D'enfant de la DPJ à meurtrier

Patrick Dussault dit avoir été violé à plusieurs reprises dans son enfance, par l'homme de sa famille d'accueil. À 13 ans, il a commis un vol dans un commerce pour être volontairement pris sur le fait, arrêté par la police et transféré dans un centre jeunesse. Son but était de ne plus vivre avec son agresseur.

Après des années d'« accumulations de frustrations », Patrick Dussault a explosé, trois décennies plus tard, et tué Diane Lahaie dans sa résidence de Gatineau, en 2013.

Dussault, 41 ans, passera plusieurs années au pénitencier pour le meurtre sans préméditation de Mme Lahaie, une femme de 64 ans qui vivait seule.

Demande de pardon

Mercredi, il a raconté son histoire à la juge Hélène Di Salvo, lors des représentations sur sa peine.

« Je demande pardon à la famille (de Mme Lahaie), mais je ne demande pas que ce soit accepté », a dit le meurtrier, dans le box.

Affirmant qu'il lui est très difficile de « porter » le meurtre, il a dit éprouver « beaucoup de honte ». Ses propres enfants peinent à accepter ce que leur père a fait.

Le meurtre « est une accumulation de 'tanné, tanné, tanné', de frustration, de colère, de tout ce qui peut m'être arrivé de grave dans ma vie », a confié Dussault, qui compte d'autres antécédents judiciaires.

« Presque tous les soirs, le père de famille venait dans ma chambre, pis il faisait des attouchements. Deux fois (à 6 et 8 ans), on m'a amené à l'hôpital pour euh... Excusez l'expression, le derrière recousu parce que j'avais été violé. J'ai fait de la DPJ (Direction de la protection de la jeunesse), puis j'ai été sur la Loi des jeunes contrevenants. Je suis sorti dehors à 18 ans sans aucune clé ni information de comment vivre », a raconté Dussault au sujet de sa jeunesse.

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