Coupable de l'homicide involontaire de son meilleur ami

Daniel Semples a plaidé coupable à une accusation... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Daniel Semples a plaidé coupable à une accusation réduite d'homicide involontaire.

Etienne Ranger, LeDroit

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Quatre ans et demi après avoir violemment enlevé la vie de celui qui a été son meilleur ami, Daniel Semples a vu sa liberté prendre fin lorsqu'il a enregistré un plaidoyer de culpabilité à une accusation réduite d'homicide involontaire.

En reconnaissant sa culpabilité en lien avec le décès de Nicolas Quintal, retrouvé sans vie le 29 avril 2012 dans le secteur de Quyon, Daniel Semples a évité la tenue d'un procès sur l'acte d'accusation initial de meurtre non prémédité.

Le jeune homme a écouté, yeux fermés et tête baissée dans le box des accusés, le procureur de la Couronne Sylvain Petitclerc résumer les circonstances ayant mené à la découverte du corps de la victime de 18 ans.

Deux vidéos tournées dans les heures suivant le drame ont été présentées en cour, lundi, levant le voile sur certains détails scabreux de cet homicide involontaire. Une vidéo montrait une partie du long interrogatoire de Semples au poste de police, et la seconde montrait le jeune homme menottes aux poings, l'air penaud, raconter sa version aux enquêteurs, sur le site où les événements sont survenus.

Les membres de la famille de la victime peinaient à retenir leurs larmes en écoutant Semples, alors âgé de 19 ans, raconter aux enquêteurs de la Sûreté du Québec qu'il a frappé sa victime à la tête à l'aide d'une barre de métal.

Triangle amoureux

Les deux jeunes hommes étaient alors réunis près d'un feu pour discuter du conflit découlant de la relation entre Nicolas Quintal et sa copine, dont Semples était aussi amoureux. « Fâché » que Nicolas Quintal veuille l'empêcher de voir la jeune femme, Semples a commis l'irréparable.

Après avoir reçu le coup à la tête, la victime s'est effondrée au sol et tremblait, les yeux ouverts, a raconté Semples aux policiers. Il a cherché un pouls, en vain, avant d'aller chercher une ficelle pour l'étrangler. La ficelle a cédé, et Semples s'est rabattu sur la ceinture que portait la victime pour l'étrangler en tirant « fort », 

a-t-il dit.

Il a ensuite raconté avoir déshabillé la victime et avoir découpé ses vêtements, qui ont ultérieurement été brûlés. Le corps de Nicolas Quintal a par la suite été transporté - dans le coffre de sa voiture - en bordure d'un chemin de gravier du Pontiac.

Selon la Couronne, Semples a appelé la mère de Nicolas Quintal en matinée en affirmant qu'il ne s'était jamais présenté à leur rendez-vous. Il l'a ensuite rappelée pour lui dire que Nicolas avait eu un accident et qu'il venait de le découvrir mort.

Sentence à venir

Me Petitclerc n'a pas voulu entrer dans les détails expliquant le retrait de l'accusation initiale de meurtre non prémédité, se contentant d'indiquer que la nouvelle accusation d'homicide involontaire « était soutenue par la preuve » ayant été présentée lundi devant la juge Catherine Mandeville.

Les représentations sur sentence auront lieu plus tard. Dans le cas d'un homicide involontaire, le Code criminel prévoit une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité, sans préciser de durée minimale de détention avant d'être admissible à une libération conditionnelle. Dans le cas d'un meurtre non prémédité, il y a un minimum de dix ans de détention à purger avant de pouvoir aspirer à une libération conditionnelle.

Daniel Semples devrait s'adresser au tribunal lors des représentations sur sentence, ont fait savoir ses avocats. La juge Mandeville a statué, lundi, que sa détention devait commencer sur-le-champ, en attendant que la sentence ne soit rendue.

Une famille «brisée»

Anie Charron la mère de Nicolas Quintal avec... (Patrick Woodbury, LeDroit) - image 5.0

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Anie Charron la mère de Nicolas Quintal avec les soeurs de son fils décédé, Daphnée Quintal et Maude Allen

Patrick Woodbury, LeDroit

La mère de Nicolas Quintal, Anie Charron, a « perdu une partie » d'elle-même lorsque Daniel Semples a arraché la vie à son fils, au printemps 2012.

Assise dans une salle d'audience du palais de justice de Gatineau, lundi avant-midi, Mme Charron retenait difficilement ses larmes en écoutant les vidéos dans lesquelles Semples raconte comment il a tué son fils de 18 ans. Un jeune homme qui fréquentait le Cégep de l'Outaouais et qui rêvait de devenir médecin sans frontières.

La mère éplorée a évoqué en cour les conséquences du départ prématuré de son fils. En apprenant la mort tragique de Nicolas, elle est tombée au sol et a dû être transportée à l'urgence, a-t-elle raconté.

En abordant le fait que Daniel Semples était amoureux de la copine de son fils, Anie Charron a souligné que Nicolas en était à sa toute première relation. « C'était supposé être quelque chose de beau, et ça a fini en drame », se désole-t-elle.

Le père de Nicolas, Stéphane Quintal, a également pris la parole pour raconter devant le tribunal qu'il souffre d'un stress post-traumatique depuis la tragédie. Il a également perdu son emploi, puisqu'il n'était « plus fonctionnel », a-t-il dit en affirmant vivre dans un état de « mélancolie perpétuelle ».

En entrevue avec les médias après l'audience, Mme Charron a souligné que son fils était « quelqu'un de très, très bien ». « Et je ne le verrai plus jamais, c'est fini, il n'aura pas d'avenir, il n'aura pas de petits enfants, c'est terminé », a-t-elle rappelé, encore perturbée par le drame qui a secoué sa famille en 2012.

Bien qu'elle aurait préféré que l'ancien ami de son fils plaide coupable à l'accusation initiale de meurtre non prémédité plutôt qu'à celle d'homicide involontaire, Anie Charron se dit « contente d'une manière », puisqu'elle sait maintenant qu'il purgera une peine d'emprisonnement. « Juste le fait qu'il avoue ce qu'il a fait, pour moi, c'est comme une forme de justice, a-t-elle réagi. [...] Qu'il ait 5 ans, 10 ans ou 20 ans [de détention], mon fils est décédé, il n'y a plus rien à faire. Oui, je suis contente qu'il y ait une justice, mais peu importe le temps, ça ne me ramènera pas mon fils. [...] Ça a brisé complètement ma famille. »

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