Le combat d'un accidenté de la route

Les médecins n'ont eu d'autre choix que d'amputer... (Martin Roy, archives LeDroit)

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Les médecins n'ont eu d'autre choix que d'amputer le pied gauche de Gilles Gargantiel en raison de l'engelure qu'il a subie en attendant les secours pendant 43 heures lors d'un accident survenu en 2009 sur la route 148.

Martin Roy, archives LeDroit

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Mélanie Marquis
La Presse Canadienne

La Cour suprême du Canada entendra la cause d'un accidenté de la route du Québec qui a passé plus de 40 heures dans un fossé avant d'être retrouvé et qui demande à être dédommagé par le gouvernement.

Le prochain round du combat que mène le Gatinois Gilles Gargantiel dans la foulée de son accident de la route en octobre 2009 se déroulera donc devant le plus haut tribunal au pays, qui a accepté jeudi d'entendre sa cause.

Il poursuit le gouvernement du Québec pour la négligence des agents de la Sûreté du Québec (SQ). Ceux-ci avaient été alertés par le système d'assistance du véhicule de M. Gargantiel qu'un accident avait eu lieu, mais avaient abandonné leurs recherches environ deux heures après.

Le plaignant avait été retrouvé plus de 40 heures plus tard par un cheminot. Il souffrait d'une grave hypothermie dont les séquelles ont nécessité l'amputation d'une partie de la jambe droite de Gilles Gargantiel, selon les documents de cour.

Le 18 octobre 2009, M. Gargantiel roulait sur la route 148 près de Plaisance. Selon ses dires, il faisait alors -12 °C et une fine couche de glace recouvrait la chaussée. Vers 18 h, il perd le contrôle de son véhicule et se retrouve dans un fossé, entre la route et une voie ferrée. Il était inconscient, mais le système OnStar de sa voiture s'est déclenché, ce qui a permis à un téléphoniste de l'entreprise d'alerter le 911.

«Du niaisage», avait dit un policier

Les patrouilleurs de la SQ ont remis en doute pendant un bon moment les informations de géolocalisation fournies par les représentants du système d'assistance OnStar avant de finir par abandonner les recherches.

«Ça me fait chier ce niaisage-là? j'ai manqué mon heure de souper», a dit l'un d'entre eux à son répartiteur, selon les transcriptions de l'enregistrement audio de la SQ déposées devant la Cour supérieure du Québec.

«On fait tu une plainte d'harcèlement contre eux autres», a également lancé un patrouilleur, mécontent que les représentants d'OnStar continuent à contacter la police provinciale pour signaler qu'un accident était survenu et que le propriétaire du véhicule manquait à l'appel.

La SQ ne devrait pas s'en tirer aussi facilement après avoir fait preuve d'une telle «négligence», selon Gilles Gargantiel, qui s'est dit extrêmement heureux que la Cour suprême accepte d'entendre sa cause.

«L'histoire est insensée et elle mérite d'être entendue. Que la Sûreté du Québec agisse comme ça, c'est inacceptable. Il fallait que j'aille jusqu'au bout», a-t-il dit en entrevue téléphonique avec La Presse Canadienne, jeudi.

Après avoir été débouté par la Cour supérieure du Québec, en mai 2013, M. Gargantiel avait subi un autre revers devant la Cour d'appel du Québec en mai 2013. Les tribunaux ont déterminé que la Loi sur l'assurance automobile interdit à une victime de poursuivre le responsable de l'accident.

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