La maison de transition à Ottawa crée des inquiétudes

Une maison de transition s'apprête à ouvrir au... (Simon Séguin-Bertrand, Le Droit)

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Une maison de transition s'apprête à ouvrir au 157 rue McLeod à Ottawa, à deux pas du Musée de la nature.

Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

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L'ouverture prochaine d'une maison de transition où logeront une dizaine de contrevenants admissibles à une libération conditionnelle dans un quartier résidentiel du centre-ville d'Ottawa est loin de plaire à un groupe de citoyens. Pour eux, c'est la goutte qui fait déborder le vase, car l'on retrouve deux autres établissements de ce type dans un rayon d'à peine un kilomètre et demi.

La Maison de l'Espérance, qui a déjà pignon sur rue au 32, rue Gilmour depuis le milieu des années 70, s'apprête à ouvrir au 157, rue McLeod une autre résidence où logeront des criminels en fin de sentence, ce qui n'est pas sans inquiéter le groupe Centretown families, lequel saisit mal pourquoi le quartier est constamment ciblé pour de tels établissements. Une autre maison de transition a pignon sur rue plus à l'ouest, sur MacLaren. 

Le regroupement prétend qu'il n'y a pas eu de consultation ni de la part de la Ville ni de la part de l'organisme et que les résidents du secteur n'ont été avertis qu'à la dernière minute de la venue d'une telle maison dans le voisinage, se voyant placés devant le fait accompli lorsqu'ils ont reçu à la fin avril une lettre par la poste. Une pétition a donc été lancée et du porte-à-porte a été effectué par des citoyens ces dernières semaines. 

« Ce n'est pas que nous sommes opposés à ce genre de maisons-là, car on doit bien les établir quelque part. Sauf qu'il y en a déjà trois. Et si l'on dit que ces maisons-là sont bonnes pour la communauté, alors pourquoi sont-elles presque toutes dans notre quartier ? Ils pourraient les établir sur une rue très passante comme Laurier ou Elgin, par exemple. [...] Ici, c'est un secteur très familial avec de jeunes enfants qui jouent sur le trottoir ou encore marchent pour se rendre à l'école. Il y a aussi beaucoup d'aînés ou encore des femmes qui marchent seules dans la rue en revenant du travail, ce sont des gens vulnérables », affirme Paola Vellucci-Cargnello. 

Précisant que le groupe a sollicité une rencontre avec le maire Jim Watson entre autres pour discuter d'une problématique de zonage, elle croit que l'argument disant qu'une telle maison ne pose pas de risque pour la sécurité des gens est très discutable. 

« Ils n'ont quand même pas commis de petits crimes, ils étaient dans des établissements fédéraux. Ce qui est dangereux, ce n'est pas pas juste lorsqu'ils sont là, mais aussi quand ils quittent. Ça n'a pas de sens ni pour nous ni pour eux. Un jeune couple habite à côté et six fenêtres de leur demeure donnent sur la maison de transition. La pauvre femme doit tenir tous ses rideaux fermés, autrement elle n'aura aucune vie privée et les dix hommes pourront voir ces mouvements toute la journée », lance-t-elle.

Interrogée par Le Droit, la directrice de la Maison de l'Espérance, Tracey Cortes, réplique que le processus était transparent et que les citoyens ont eu la chance de s'exprimer sur le projet en prenant part à des consultations, dont une se déroulait le 29 mai en présence de représentants de Service correctionnel Canada et de la conseillère municipale Catherine McKenney, mais que chaque fois personne ne s'est présenté sur place. 

Elle ajoute que la maison de transition, dont l'ouverture n'est prévue qu'à l'automne, accueillera des individus qui sont sélectionnés avec des critères très stricts et qui ne représentent qu'un faible risque pour la communauté. 

« Sur la rue Gilmour, on est là depuis 43 ans et il n'y a jamais eu d'incident. Les résidents du coin peuvent en témoigner », dit-elle.

Contre le déménagement du refuge de L'Armée du Salut

Signe que le projet de déménagement du refuge d'urgence de l'Armée du Salut du marché By jusqu'au secteur Vanier est loin de faire l'unanimité, d'autres voix s'ajoutent à celles des élus pour dénoncer l'emplacement choisi par l'organisme, soit le 333, chemin Montréal.

Des pétitions ont été lancées à la fois par des commerçants et des résidents qui craignent que le projet ne fasse augmenter la criminalité dans le quartier, entre autres. L'une circule au Château Janeville, un immeuble à logements d'une vingtaine d'étages situé à un jet de pierre du site convoité par l'Armée du Salut, tandis qu'une autre a été lancée par Drew Dobson, le propriétaire du Finnigan's Pub, un commerce voisin de l'emplacement choisi.

La semaine dernière, le conseiller municipal du quartier Rideau-Vanier, Mathieu Fleury, ainsi que les députées provinciale et fédérale d'Ottawa-Vanier, Nathalie Des Rosiers et Mona Fortier, ont manifesté leurs inquiétudes face au projet de déménagement, affirmant qu'il est «impératif que l'Armée du Salut s'engage à organiser une consultation publique transparente à propos de tout site proposé afin de s'assurer que les préoccupations des citoyens et celles de la communauté d'affaires et de la société civile soient entendues et prises en considération».

Rappelons que l'Armée du Salut souhaite entamer en 2019 la construction de son centre d'une superficie de plus de 100 000 pieds carrés.




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