« Tu n'es pas en mode panique »

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C'est dans cette résidence du 64, rue Félix-Leclerc, dans le secteur Aylmer, que Claude Lévesque, Louise Leboeuf et Anne-Katherine Powers ont été tués au mois de mai 2012.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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« Tu nettoies la scène, tu essuies les corps », dit le sergent-détective Mathieu Guilbault à Shakti Ramsurrun. À 11 h 45, près de six heures depuis le début de l'interrogatoire, le policier le confronte avec sa théorie. « Tu n'es pas en mode panique. Tu prends même ta douche. Tu es extrêmement rationnel. S'il y avait eu un suspect (dans la maison), tu serais sorti chez un voisin, en alerte, même si tu ne connais pas le 9-1-1. Ça marchait très bien dans ta tête. Tu prends le temps d'écrire des notes, de faire manger ton bébé pendant que la mère est 'couchée' (sans vie au sol). Tu es même passé par-dessus les corps pour te rendre au réfrigérateur. »

Les conversations, parsemées d'informations imprécises du suspect, vont connaître un rythme plus soutenu à compter de ce moment, le matin du 25 mai 2012. 

Le suspect répète qu'il veut garder le silence, selon la consigne de son avocat.

Le policier Guilbault ouvre ses cartes et résume enfin ce qu'il croit être le déroulement de la nuit suivant le triple meurtre prémédité survenu dans le secteur Aylmer.

Plus tôt, l'accusé aurait dit à des témoins que le crime avait été commis par un ou des agresseurs masqués. 

Il dit avoir aussi été attaqué, avant que la mère de son ex lui dise de fuir avec le bébé, toujours vivant.

Shakti Ramsurrun est demeuré calme, mais vague, devant un enquêteur qui tente, de plusieurs façons, de lui tirer les vers du nez.

La vidéo a été présentée jeudi et vendredi, dans le cadre de son procès pour triple meurtre prémédité, au palais de justice de Gatineau.

Arrêté dans l'après-midi du 24 mai et interrogé dès l'aube le lendemain, l'homme originaire de l'Île Maurice répète qu'il ne « peut dire certaines choses » car il ne fait pas confiance à la police, et qu'il a sa théorie sur le crime qu'il dit ne pas avoir commis.

Le policier Guilbault entame un marathon de près de sept heures, vers 5 h 30, en parlant de golf avec son interlocuteur. 

Les deux semblent avoir une passion pour le même sport. C'est d'ailleurs au Club de golf Rivermead - près de la maison où est survenu le drame du 23 mai 2012 - que le suspect de 28 ans s'est rendu. 

Il revenait au club après une cavale à Montpellier, dans la Petite-Nation, le matin du 24 mai.

Selon la police, le meurtrier présumé a très bien nettoyé la scène sanglante, après les trois décès par arme blanche.

Des expertises au luminol, un produit chimique employé pour détecter des traces de sang, démontreraient de grandes quantités de sang nettoyées. 

Les corps ont été enroulés dans des couvertures.

25 mai 2012, à laude

C'est l'histoire de six heures et quarante minutes entre un enquêteur et un suspect de triple meurtre.

À gauche de l'écran se trouve le policier gatinois Mathieu Guilbault. À droite est assis Shakti Ramsurrun, ex-conjoint de l'une de ses victimes, Anne-Katherine Powers, et des parents de celle-ci, Louise Leboeuf et Claude Lévesque. Lors du procès, jeudi et vendredi,le jury a écouté cette conversation enregistrée le 25 mai 2012, à l'aube.




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