L'histoire des « hommes masqués »

Le 23 mai 2012, les corps de Anne-Katherine... (Étienne Ranger, Archives Le Droit)

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Le 23 mai 2012, les corps de Anne-Katherine Powers, de Louise Leboeuf et de Claude Lévesque étaient retrouvés par les policiers. L'ex-conjoint de Anne-Katherine est arrêté et accusé de triple meurtre. Le procès s'est ouvert, mercredi, au palais de justice de Gatineau.

Étienne Ranger, Archives Le Droit

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La Couronne a fait d'étonnantes révélations, à l'ouverture du procès pour triple meurtre d'un Gatinois originaire de l'ile Maurice, mercredi. Le jury entendra, dans les 8 à 10 prochaines semaines, l'histoire de celui qu'on accuse d'avoir assassiné son ex-conjointe, Anne-Katherine Powers, 20 ans, ainsi que la mère et le beau-père de celle-ci, Louise Leboeuf, 60 ans, et Claude Lévesque, 57 ans.

Après les meurtres, en 2012, Shakti Ramsurrun aurait tenté de laver la scène de crime et de mettre la faute sur « trois hommes cagoulés ».

Le prévenu de 33 ans subira son procès au palais de justice de Gatineau, présidé par le juge Éric Downs, de la Cour supérieure. Shakti Ramsurrun est accusé de trois meurtres prémédités survenus le 23 mai 2012, au 64, rue Félix-Leclerc, dans le secteur Aylmer.

Mercredi, le procureur de la Couronne, Me Sylvain Petitclerc, s'est adressé au jury, résumant les allégations du Service de police de la Ville de Gatineau.

Enroulés

« Ils étaient enroulés dans des couvertures et portaient leurs pyjamas, a dit le procureur, à propos des victimes, aux 12 jurés. Il y avait très peu, ou pas, de sang. Seulement une note étrange, laissée par Louise Leboeuf sur les lieux du crime. Tout semblait nettoyé. »

M. Lévesque a subi 13 lésions, Mme Leboeuf, 33, et Mme Powers, 37. Le crime aurait été commis à l'arme blanche.

Les trois victimes et le présumé meurtrier habitaient ensemble au moment du drame.

« Fin 2009, raconte le procureur Petitclerc, Anne-Katherine est attirée par un charmant serveur, sur un bateau de croisière. »

Les Gatinois étaient partis en vacances. Ramsurrun, alors serveur sur le bateau de croisière, a fait chavirer le coeur de la jeune femme.

La famille est revenue au Canada, mais la jeune était éprise du serveur. La famille s'est mise d'accord pour retourner voir Shakti Ramsurrun, en s'assurant de prendre le bateau sur lequel il travaillait.

« Un peu comme dans un conte de fées, ils se retrouvent à New York. Puis, ensemble, ils vont à l'ile Maurice, une ile qui semblait paradisiaque. »

Le 25 mars 2011, Aryan Ramsurrun, un garçon, naît de cette relation. La mère et la fille reviennent à Gatineau, et le père arrive en décembre 2011.

Le couple bat de l'aile. « Les deux autres filles de Mme Leboeuf vont raconter, lors du procès, les chicanes et les tensions », explique Me Petitclerc.

Le père entretient des liens avec une ancienne conquête, sur Facebook. Mme Powers se sent trahie. La famille veut le mettre dehors, mais celui-ci refuse. « Il n'accepte pas qu'un autre prenne "sa" place et élève son enfant. »

L'après-midi du 24 mai 2012, le lendemain du meurtre, le suspect se rend à son travail, au Club de golf Rivermead, situé tout près de la résidence familiale.

Il conduisait la voiture de Claude Leboeuf, remplie d'effets personnels du suspect et du garçon, dont les passeports. L'enfant, sain et sauf, était avec son père.

« Il dira à des gens, au golf, que des inconnus se sont présentés chez lui, avec des masques, pour l'enlever, parce qu'il valait beaucoup d'argent. Aux policiers, il dira qu'il ne sait pas ce qui s'est passé. Il dit aux employés du golf qu'il veut quitter pour trouver qui a posé ces gestes. »

Puis, Ramsurrun se serait rendu à Montpellier, dans la Petite-Nation, à 100 kilomètres de Gatineau.

Il semble, aussi, que le suspect a aussi laissé une note étrange, saisie par la police dans le cadre de son enquête.

« Il n'y avait pas trois hommes masqués », conclut Me Peticlerc. Il n'y a que trois victimes. »

Les faits résumés mercredi ne constituent pas des preuves. Le ministère public devra prouver, hors de tout doute raisonnable, que l'ancien serveur charmant a bien prémédité ses gestes, en enlevant la vie de ceux qui ne voulaient plus de lui.

La Couronne déposera ses premiers éléments de preuve jeudi, avec le témoignage de la policière responsable de l'identité judiciaire.




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