«C'était un ange, pas Satan»

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La tante de l'enfant martyrisé dans une résidence de Kanata s'est adressé à la cour mercredi.

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« Il s'est évadé de ton donjon. C'était un ange, pas Satan. »

L'ange est cet enfant martyrisé par son père, reconnu coupable de plusieurs chefs liés à la maltraitance parentale, à Ottawa.

Mercredi, les observations sur la peine ont débuté dans le dossier de cet ex-agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), accusé de séquestration, d'agression sexuelle et de voies de fait armé, ainsi que d'avoir failli à fournir le nécessaire la vie d'une personne.

L'enfant, qui avait 11 ans lorsque les faits se sont produits, en 2012 et 2013, veut redevenir « normal », selon ce que sa tante a dit lors de la période réservée aux déclarations de la victime. « Son histoire est écrite partout sur Internet et Twitter. »

La victime a préféré ne pas s'adresser à la cour, afin de ne pas revivre la tourmente d'un cauchemar et d'un difficile procès, devant le juge Robert Marenger.

La tante de « l'enfant martyr de Kanata » a pris quelques secondes pour regarder silencieusement son ex-beau-frère, cet ex-policier aujourd'hui détenu.

Battu, enchaîné, humilié, et affamé, l'enfant a été pris en charge par les autorités après au moins six mois de mauvais traitements. À 11 ans, il ne pesait que 50 livres.

L'homme a été arrêté quand le fils dénudé a réussi à s'échapper de la résidence familiale pour appeler à l'aide. « Il y a un scénario qui no us hante. Celui où il ne peut s'échapper », a dit la tante.

Elle a rappelé qu'un psychologue était au courant des douches froides forcées, et qu'à une autre reprise, deux policiers d'Ottawa avaient ramené l'enfant chez lui, même s'il s'était confié à des parents, chez un ami. Pourtant, la situation est restée la même à cette époque.

L'enfant a entre autres été menotté et enchaîné dans le sous-sol, et brûlé par son père. Il a subi une « simulation de noyade » par son père violent.

Le père venait de prendre la garde de l'enfant, à la suite du décès de la mère biologique.

C'est après ce déménagement que l'enfant a connu l'enfer, loin de sa famille maternelle, qui était incapable d'avoir accès à l'enfant.

On a pu voir, lors du procès, la vidéo abjecte d'un enfant nu qui demande pardon à son père qui, derrière la caméra de son téléphone, le traite de démon et tente de l'exorciser, dans un sous-sol sombre, partiellement fini.

Le 14 février 2013, la tante a entendu, aux nouvelles télévisées, qu'un policier avait été arrêté. Elle a retrouvé la maison sur Google, et reconnu l'adresse de son ex-beau-frère.

« Ce fut un épisode tristement long, très douloureux, conclut la tante. Mais à la fin, un garçon martyrisé, courageux, avec rien d'autre qu'une volonté de vivre, s'est libéré de ton donjon. Un ange, pas Satan, s'est échappé de ton enfer. Finalement, c'est une ironie bien triste que tu sois le criminel que tu lui reprochais d'être. »

Cette tante est la soeur de la mère décédée. Elle a témoigné de la tristesse de sa famille de savoir l'enfant victime d'un homme « sans remords » qui a empêché le petit d'assister aux funérailles de sa mère.

Une ordonnance de non-publication a été imposée tout au long du procès pour protéger l'identité de l'enfant.

C'est pourquoi les noms des accusés - le père et sa conjointe, qui ont reçu une sentence de trois ans - ne sont pas publiés.




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