Les portiers, remparts contre les armes à feu

Les choses ont failli bien mal tourner au... (Courtoisie, Directeur des poursuites criminelles et pénales)

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Les choses ont failli bien mal tourner au Pigale le 4 février dernier lorsqu'un homme a tenté d'entrer dans l'établissement avec pistolet de calibre 9 mm chargé.

Courtoisie, Directeur des poursuites criminelles et pénales

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La présence grandissante des armes à feu dans les rues d'Ottawa se fait aussi sentir à Gatineau. Dans la foulée d'un événement survenu au début du mois de février au bar de danseuses nues Le Pigale, sur le boulevard Gréber, Le Droit a constaté comment il pouvait être dangereux pour des portiers non armés de s'assurer de la sécurité de la clientèle nocturne.

Le jeune homme arrêté dans la nuit du 3 au 4 février dernier, Darioush Yavari, s'est récemment vu refuser sa remise en liberté provisoire, au palais de justice de Gatineau.

Une vidéo de surveillance déposée en preuve lors de cette comparution démontre comment les portiers de l'établissement ont évité que l'homme, armé d'un pistolet, s'y immisce.

D'ailleurs, l'incident du 4 février n'est pas le seul impliquant des clients tentant d'entrer avec une arme à cet endroit. Les portiers redoublent de prudence depuis plusieurs mois pour éviter le pire.

Des sources ont indiqué que d'autres clients armés avaient tenté d'entrer dans le bar, les 7 janvier et 20 août derniers. Le 18 mai 2013, un homme a été appréhendé par la police, alors qu'il portait une arme chargée de 17 balles.

Selon la police de Gatineau et la Couronne, le suspect du 4 février est relié aux gangs de rue. 

« On pense à la vulnérabilité de tous ceux qui se trouvent dans un tel établissement entre trois heures moins quart et trois heures du matin », a commenté le juge Jean-François Gosselin, de la Cour du Québec.

Dans sa décision sur le refus de remettre M. Yavari en liberté, le 22 février, le magistrat a souligné « la façon dont (le suspect) s'est présenté dans le bar laissait sous-entendre la possibilité d'un crime ».

Darioush Yavari a été maîtrisé par les portiers, tentant du même coup de lancer l'arme à un présumé complice, qui était alors visé par un mandat d'arrestation pancanadien.

« Ce n'est pas un motif, a dit le juge Gosselin, mais quiconque est au courant des événements d'Orlando (une fusillade dans un bar ayant fait 50 morts le 12 juin 2016) et la détresse des victimes prises dans cet engrenage ne peut laisser aller une telle chose. »

Lors de son enquête sur remise en liberté, Darioush Yavari a manifesté son désir de retourner sur les bancs d'école et de cesser de fréquenter des individus liés au milieu criminel.

Parce qu'il risque une lourde peine d'emprisonnement puisque la preuve présentée semble forte, le juge Gosselin a ordonné la détention préventive de l'homme de 23 ans.

Son présumé complice est retourné derrière les barreaux pour avoir contrevenu aux termes de sa libération conditionnelle dans une précédente affaire reliée aux armes prohibées.

La Couronne allègue que les deux jeunes hommes étaient reliés à deux fusillades sérieuses survenues du côté d'Ottawa.

En 2015, l'inspecteur Chris Renwick, de la police d'Ottawa, confirmait que les armes à feu étaient plus nombreuses que jamais dans les rues de la capitale fédérale, et que celles-ci pouvaient très bien se rendre de l'autre côté de la rivière des Outaouais. 

« Le même pistolet peut avoir servi dans d'autres fusillades ou agressions armées. Les criminels qui se connaissent bien peuvent partager la même arme. »




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