Le père grand-père contredit deux des trois victimes

Jacques Roger Lesage, qui aura 80 ans le... (Etienne Ranger, Archives Le Droit)

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Jacques Roger Lesage, qui aura 80 ans le mois prochain, a témoigné vendredi, au palais de justice de Gatineau.

Etienne Ranger, Archives Le Droit

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Le père-grand-père qui subit son procès pour inceste, à Gatineau, a avoué avoir fait des enfants à l'une de ses filles, mais a rejeté du revers de la main les allégations de ses deux autres enfants, qui l'accusent aussi de les avoir agressées sexuellement, entre les années 1970 et 2004.

Jacques Roger Lesage, qui aura 80 ans le mois prochain, a témoigné vendredi. Il s'est excusé auprès de sa fille Lucie, avec qui il a eu trois enfants, ajoutant qu'il éprouvait des remords. « C'est que... Ce qui s'est passé... Je regrette. J'ai toujours regretté. Je lui demande pardon », a dit d'un trait le père-grand-père. « Je n'ai rien à dire contre elle (Lucie). C'est une bonne femme, une femme honnête. » Des tests d'ADN démontrent que les enfants de Lucie sont aussi ceux de Jacques Roger Lesage.

L'accusé a nié catégoriquement les versions de ses deux autres filles, Nathalie Lesage et Chantal Knippenberg. Ces deux femmes disent aussi avoir été agressées à plusieurs reprises lorsqu'elles étaient enfants et adolescentes.

« Chantal, bien... Sa version, c'est absolument rien de vrai, a laissé tomber l'homme affaibli, qui a témoigné assis. Jamais je n'ai levé la main, sur aucun de mes enfants. Ce n'est pas vrai pantoute. »

Entre autres, il a dit ne jamais avoir touché les seins de sa fille, car, à cinq ans, les filles n'en ont pas. Au moment où M. Lesage contredisait les agressions sexuelles, la femme concernée est sortie de la salle de cour en pleurs. Mme Knippenberg est née d'une relation extraconjugale, mais fréquentait quand même la famille Lesage.

Le patriarche dit n'avoir été que très rarement seul avec ses filles, car sa femme était toujours avec lui. Sa femme est décédée en 2004. Lors de ses funérailles, Lucie aurait même été agressée par son propre père.

Questionné sur les plaintes d'agression formulées par Nathalie Lesage, le père a une fois de plus réfuté les allégations, pourtant très détaillées, de la femme. « C'est complètement faux, j'ai jamais touché », a-t-il répété à son avocat, Me Jacky Éric Salvant.

M. Lesage a répété l'argument voulant qu'il était impossible de toucher les seins d'une fillette, puisque celle-ci n'était pas mature.

« Je n'ai rien à cacher, il me reste 7 ou 8 mois à vivre », a dit l'homme malade.

Il affirme que les viols allégués dans des motels sont faux. Il dit avoir voyagé dans de tels établissements, car il devait le faire à l'époque, pour le travail.

Un contre-interrogatoire serré

Disant avoir été abusé par les frères de l'ancienne école de réforme du Mont-St-Antoine, à Montréal, Jacques Roger Lesage a laissé transparaître une certaine tristesse, lors de son contre-interrogatoire, vendredi après-midi.

Cela n'a pas semblé émouvoir outre mesure la procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, qui lui a servi quelques questions serrées.

Né à Hull en 1937, M. Lesage a vu son père battre sa mère, «et quand cela arrivait, je me mettais dans ses pattes», a raconté l'accusé.

Quand sa mère est décédée, son père l'a confié aux religieux de Mont-St-Antoine, où il aurait été agressé sexuellement, et battu devant d'autres enfants.

«Je m'étais fait endormir pour me faire arracher des dents, dit-il. Quand je me suis réveillé, un frère était sur moi...»

Le jeune a ensuite pris la clé des champs. Lorsqu'il est revenu, il a été corrigé «de cinq coups de strap sur le derrière» devant des frères, alors que d'autres enfants entendaient la punition.

D'emblée, la procureure de la Couronne a fait valoir au juge Michel Pennou que «ce n'est pas lui, la victime, ici».

Me Piché a confronté M. Lesage avec sa déclaration aux policiers faite en novembre 2014. «Vous avez dit aux policiers de la MRC des Collines que Lucie était votre fille. Ensuite, vous dites que vous ne saviez pas que c'était votre fille quand vous l'agressez. Finalement, ça prend la preuve d'ADN (sur les enfants nés de l'inceste) pour dire que, finalement, oui, c'est votre fille. Vous avez menti...»

Pendant plusieurs minutes, les deux protagonistes se sont relancés, commentant chacun à leur tour les questions de l'autre.

Le juge Pennou a dû intervenir pour rappeler à l'accusé qu'il devait répondre aux questions, et non en poser à la Couronne.

Les plaidoiries auront lieu mardi et le jury devrait délibérer dès mercredi.

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