Une complice à Pierre-Janet

L'employée qui affirmait avoir été frappée par l'évadé... (Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit)

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L'employée qui affirmait avoir été frappée par l'évadé du CHPJ serait en fait sa complice.

Simon Séguin-Bertrand, Archives Le Droit

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L'employée qui affirmait avoir été frappée par le détenu s'étant évadé du Centre hospitalier Pierre-Janet (CHPJ) au début du mois était en fait la complice du fugitif ayant été retracé cette semaine à Montréal, a-t-on appris vendredi au palais de justice de Gatineau.

Menotté dans le box des accusés, David Harvey, 22 ans, a écouté sans broncher le procureur de la Couronne, Me Stéphane Rolland, raconter des détails jusqu'ici inconnus dans son dossier qui défraye les manchettes depuis le jour de l'évasion, le 3 décembre.

« J'ai été informé par la Sûreté du Québec (vendredi) matin que ce qu'on croyait être au début une agression de M. Harvey envers l'employée du Centre Pierre-Janet s'est révélée en réalité tout autre, et qu'il a eu la complicité de cette employée pour prendre la fuite. »

Me Rolland a précisé devant le tribunal que l'employée en question - qui aurait donc feint d'avoir été agressée et de s'être fait voler sa carte magnétique -  était passée aux aveux dans la nuit de jeudi à vendredi.

L'enquête policière a aussi révélé que David Harvey avait « une série de complices qui l'ont aidé pour quitter Gatineau et se rendre à Montréal, lui fournir le transport, l'argent et les moyens de communication nécessaires », a indiqué Me Rolland.

Le jeune homme avait d'ailleurs des liens avec le crime organisé, et ce tant à Montréal qu'à Ottawa, a affirmé le procureur de la Couronne devant le tribunal. Selon ce qui est avancé par le ministère public, David Harvey avait été dirigé par une organisation criminelle pour des braquages à domicile commis en 2015, avec des complices, à Plaisance et à L'Ange-Gardien. Le prévenu fait face à une quarantaine d'accusations en lien avec ces événements. Dans le lot se retrouvent des chefs de séquestration, de voies de fait armés, de vol qualifié, d'introduction par effraction, de possession d'une arme prohibée et de possession d'une arme à utilisation restreinte, à quoi s'ajoute un chef d'évasion de garde légale pour les événements survenus au CHPJ.

Pas de retour au CHPJ

L'avocate de la défense, Me Mélina Cham, a demandé à ce que son client subisse une évaluation psychiatrique de 30 jours « quant à sa responsabilité criminelle ». Elle a fait valoir  en cour que David Harvey avait tenté de se suicider avant d'arriver au CHPJ, et qu'il lui avait confié « entendre des voix ». Me Cham a indiqué qu'elle souhait que son client puisse retourner au CHPJ, quitte à ce qu'il soit placé en isolement. « Monsieur a refusé d'être traité, mais là, il se dit prêt à recevoir une médication », a-t-elle mentionné en précisant être consciente que sa demande pouvait surprendre.

« Considérant les faits, c'est même audacieux comme demande », a répondu le juge, qui s'est plutôt rangé du côté de la Couronne en acceptant qu'une évaluation psychiatrique soit faite, mais uniquement en centre de détention.

« C'est une évidence pour moi que si on retourne monsieur à l'hôpital Pierre-Janet, il va disparaître encore à nouveau, a déclaré Me Rolland. La seule place où on peut assurer la protection du public, c'est derrière les quatre murs de la prison. »




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