«On va voir si tu te réveilles, demain»

La femme a été battue plusieurs fois par... (Photothèque Le Soleil)

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La femme a été battue plusieurs fois par son ex-conjoint, qui a été reconnu coupable vendredi de voies de fait armés et de menaces. Le juge lui a imposé une peine de 45 jours d'emprisonnement à purger les fins de semaine.

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Devant le juge, une femme témoigne de la violence incessante de l'homme qui fut son conjoint. La mère de famille témoigne, cachée derrière un paravent, s'évitant ainsi les regards du père de ses enfants, au banc des accusés. Triste coïncidence en ce vendredi matin, au palais de justice de Gatineau: c'est la Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes.

Toute menue, la victime a tenu à décrire les impacts de la violence de son ex-conjoint sur sa vie. 

«On va voir si tu te réveilles, demain.» Cette menace, Monica (nom fictif) l'a entendue trop souvent. Le 30 juin 2015, la femme a dit que c'en était fini, qu'elle voulait se séparer. Le soir, elle a entendu le frottement d'une lame sur un aiguisoir. Le mari affûtait le couteau. Les cris et les menaces ont encore une fois explosé dans la résidence familiale. «Cette fois, mes enfants m'ont obligée à appeler la police.» Monica l'avoue aujourd'hui: ses enfants l'ont sauvée.

Dans un court témoignage, le père, un enseignant, a dit qu'il aiguisait le couteau «pour couper des aliments».

Le mari réfute son alcoolisme, alors que son ex-femme maintient qu'il boit dès le lever du jour.

Le couple d'origine algérienne est déménagé au Canada dans le but de repartir à zéro, il y a quelques années. Mais la situation ne s'est jamais améliorée. Les excès d'alcool et la violence sont restés ancrés chez le père de famille. Ses enfants, devenus de jeunes adultes, ne veulent plus le voir. «Mon fils le surveillait tout le temps», dit Monica, en racontant qu'un jour, elle s'est cachée dans la salle de bain, car son fils était absent de la maison. Elle ne voulait pas se retrouver seule, face à son mari.

La quinquagénaire a raconté comment son garagiste avait, un jour, découvert deux clous dans un pneu de sa voiture.  Elle a dit se douter d'où provenaient ces clous.

Le juge Raymond Séguin, de la Cour du Québec, a reconnu l'homme de 57 ans coupable de voies de fait armés et de menaces. Il lui a imposé, vendredi, une peine de 45 jours de prison à purger les fins de semaine, ainsi qu'une période de probation de deux ans avec surveillance.

«Je n'ai jamais été violent», a-t-il plaidé au juge. Il a demandé une peine plus clémente, puisque la prison «n'est pas son genre».

Le juge Séguin lui a répondu. «J'ai ici une femme abattue et complètement affaissée. Des enfants sont venus au secours de leur mère, victime d'un comportement abusif et violent. Au Canada, la violence conjugale a connu ses périodes. Aujourd'hui, elle n'est plus tolérée.»

Il a conseillé à l'accusé de reprendre le droit chemin, pour qu'il puisse espérer un jour «regagner l'affection et la considération des enfants».

Selon l'Action ontarienne contre la violence faite aux femmes, une femme meurt tous les six jours aux mains de son conjoint ou de son ex, au Canada.

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