Un secret trop lourd à porter

Accusé de deux chefs de menaces de mort,... (Patrick Woodbury, Archives Le Droit)

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Accusé de deux chefs de menaces de mort, Martin Paquette a entendu le difficile témoignage de celui à qui il s'était confié sur ses intentions, mardi, au palais de justice de Gatineau.

Patrick Woodbury, Archives Le Droit

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Un homme dénoncé par son meilleur ami se retrouve devant la justice pour avoir présumément planifié l'assassinat de son ex-conjointe.

Accusé de deux chefs de menaces de mort, Martin Paquette a entendu le difficile témoignage de celui qui fut jadis son meilleur ami, mardi, au palais de justice de Gatineau.

La confidence est tombée le 10 juillet 2015. Serge Labrosse recevait son grand ami Martin Paquette pour un barbecue familial, à Thurso.

« Au souper, je voyais que Martin ne filait pas. Il m'a affirmé qu'il voulait me dire un secret entre amis. Il m'a dit : "Je te fais confiance". Son secret m'a fait peur. »

Nerveux à la barre des témoins, M. Labrosse a révélé les mots que son ami lui a dits. « Il voulait faire tuer son ex. À ce moment-là, il me dit : "j'ai communiqué avec des professionnels. Pour faire tuer (la femme). Ça devrait se faire". Je lui ai dit : "ben là, ça va te coûter cher... Environ 15 000 $ cette affaire-là ?" Il m'a dit que c'était beaucoup plus que ça. Je lui ai demandé comment il était pour payer ça. Il m'a dit que c'étaient des professionnels, et ils lui laissaient un an pour les rembourser. À ce moment-là, j'ai dit à Martin : "t'es sûr de vouloir faire ça ?" Il m'a dit : "je ne suis pas tout à fait sûr parce que je l'aime encore. Puis c'est la maman de mes enfants." »

Plus tard, Serge Labrosse a rapporté que son ami d'alors avait des problèmes financiers, et qu'il devait s'acquitter de plusieurs pensions alimentaires et de lourdes responsabilités financières. En contre-interrogatoire, le témoin a dit à l'avocat de la défense, Me Jean Bourget, que son ami était méconnaissable et dépressif.

Encore lié à l'assurance vie de son ex-conjointe, il aurait voulu toucher les primes et une partie de la valeur de la maison, après le décès.

Plus tard dans la soirée, Martin Paquette lui aurait précisé que le décès serait « un genre d'accident ».

Pendant la conversation délicate, M. Labrosse a bien tenté de savoir si son ami était sérieux. « Je ne me sens pas bien là-dedans, je me sens comme le témoin d'un acte criminel, que je suis aussi coupable que lui, au bout de la ligne », a-t-il dit au juge Raymond Séguin.

Le lendemain, les deux amis ont repris la conversation, à la pêche sur la rivière des Outaouais.

« Martin m'a dit que... C'est vague, mais.. Qu'il était pour communiquer avec le gars pour lui donner la date et la façon dont cela allait se passer. »

La partie de pêche a coupé court puisque son ami ne semblait plus lui-même. M. Labrosse a appelé sa propre ex-conjointe pour qu'elle vienne le chercher. 

Il lui a confié son terrible secret. « J'ai commencé à pleurer, j'ai dit ce que Martin voulait faire. Elle m'a dit d'appeler la police immédiatement. J'ai décidé de parler à la police parce que je voulais aider mon ami. »

L'enquête préliminaire doit se poursuivre à une date ultérieure.

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