Un membre du clan Dorion poursuit l'État

Un membre du célèbre clan Dorion arrêté lors de la frappe antidrogue majeure... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Un membre du célèbre clan Dorion arrêté lors de la frappe antidrogue majeure Avalanche, en mai 2012, poursuit le Centre de détention de Hull pour un demi-million de dollars.

Joseph Dorion, le frère du caïd Claude Dorion Jr, a déposé une poursuite en Cour supérieure, au palais de justice de Montréal, cette semaine. Il réclame 580 000 $ pour des blessures subies lors de son arrestation, et pour le manque de soins de santé pendant son incarcération.

La poursuite vise solidairement le centre de détention et le Procureur général du Québec, qui n'ont pas encore déposé leur défense.

Le 31 mai 2012, le Service de police de la Ville de Gatineau et les autres corps de police de la région ont frappé simultanément chez près d'une trentaine de présumés trafiquants de drogue. Le projet Avalanche est l'une des plus importantes opérations policières du genre dans l'histoire de la région.

Joseph Dorion, 52 ans, avait été surpris comme bien d'autres dans sa résidence de Gatineau, par une escouade tactique, à 4 h 15 du matin.

Dans sa poursuite, le résidant aujourd'hui à Smith Falls, en Ontario, dit avoir commencé à perdre de la sensibilité au côté gauche du corps lorsque « plusieurs policiers » l'ont plaqué au sol « pendant plusieurs minutes ».

Selon le document de la cour, « les jambes du plaignant se sont mises à saigner, et le côté gauche de son corps était paralysé (et) en a informé les policiers ».

Dorion a été menotté et transporté au poste de police de Gatineau. Malgré la paralysie persistante, il n'a pas pu voir de médecin.

« Il a été placé en cellule. Désorienté, il ne savait plus où il était, allègue son avocate, Me Xiao-Jing Yang. Il a été transporté à la cour le lendemain, encore désorienté. »

Un jour de comparution, il aurait subi un accident vasculaire cérébral, et transporté environ trente minutes plus tard à l'hôpital où il a reçu un diagnostic de paralysie partielle.

M. Dorion a été incarcéré du 31 mai 2012 au 13 mai 2013, et du mois d'août 2013 à février 2014.

Il dit avoir remis 300 mémos pour demander à voir un spécialiste de la santé, souvent sans succès, allègue la poursuite.

Blessé au poignet pendant cette période, il aurait éprouvé de la difficulté à voir un physiothérapeute à temps.

« Pendant son incarcération, rajoute l'avocate, il a commencé à perdre ses plombages. Il a demandé de voir un dentiste et on lui a refusé. On lui a dit qu'il pouvait se faire arracher les dents, mais que ce serait 300 $ par dents, plus 600 $ pour le transport ». Après plusieurs plaintes, il a pu voir un dentiste pour ses plombages en décembre 2012 et janvier 2013.

Il dit voir, à ce jour, un physiothérapeute, un neurologue, un chiropraticien, un psychiatre, et un orthopédiste pour plusieurs blessures subies pendant son arrestation et son incarcération.

Un de ses pieds serait tordu à cause de sa paralysie et du manque de soins. Il se dit incapable de travailler à cause des blessures et de ses problèmes de santé.

« Les droits fondamentaux du détenu ont été violés et sa dignité comme personne, spécialement en tant que Première Nation, n'a pas été respectée », écrit son avocate.

Son frère, Claude Jr, tête dirigeante du réseau démantelé, est toujours en attente de sa sentence.

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