Sévices, torture et chocs électriques

Le palais de justice de Gatineau.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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La déchéance humaine a été racontée dans une histoire d'une rare violence, mardi, au palais de justice de Gatineau. Lors d'une enquête sur remise en liberté, une sergente-détective de la police de Gatineau a raconté comment un adolescent aurait été drogué et torturé par le conjoint de sa mère, en étant électrifié, et en recevant des injections au rectum.

Le 15 octobre dernier, le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a reçu un appel à l'aide, concernant un adolescent à moitié conscient. Le résumé de la sergente-détective Édith Germain, décrit une soirée dans laquelle le conjoint violent d'une mère de deux enfants aurait torturé un des fils, âgé de 17 ans, forcé la copine de celui-ci, ainsi que le petit frère de la victime, âgé de 10 ans, à regarder et même filmer des scènes dégradantes.

Ce soir d'octobre, l'homme de 41 ans aurait entamé une partie de poker avec les jeunes, en l'absence de la mère. Celle-ci, lorsqu'elle est revenue à la maison, est allée se coucher en prenant un comprimé pour dormir.

Au petit matin, le suspect, intoxiqué, aurait fait prendre une drogue forte à l'adolescent de 17 ans. Celui-ci s'est mis à tituber, passant dans un état second, puis est tombé inconscient.

À ce moment, le suspect a voulu « faire un coup de cochon » au jeune homme, et a demandé à l'adolescente de l'aider à exécuter son plan maladif.

Selon l'enquête, l'homme est allé chercher « une douille à pâtisserie », une sorte de seringue en plastique dans la cuisine, puis a fait un mélange de Vaseline et d'olives pour le lui injecter dans le rectum. L'individu aurait insisté pour que la copine de l'adolescent filme le tout, ce qu'elle a fait après avoir refusé à quelques reprises. « C'est très drôle, aurait dit l'homme, dans la vidéo. Il est cute. »

Son plaisir malsain ne s'est pas arrêté là, poursuit la sergente-détective. « Il a ensuite dit (à la copine) qu'il avait le goût d'électrifier quelqu'un, indique la police. Il a coupé un fil de lampe et l'a séparé en deux. » C'est avec ce fil branché que le suspect aurait infligé des décharges électriques à la victime, toujours en riant, et en insistant pour que la scène soit filmée.

Entre deux épisodes de violence, l'homme aurait dit à la jeune fille qu'elle serait la prochaine à être électrifiée, puisqu'elle signifiait son désaccord avec ses agissements.

Le jeune frère a témoigné du fait que la victime se raidissait lorsqu'il recevait des décharges. Il a aussi souligné aux policiers que sa mère était victime de violence du même homme.

Décision

La juge Rosemarie Millar a refusé la remise en liberté provisoire de l'individu, se basant sur la protection du public, la gravité des gestes allégués et les 19 bris de conditions de la cour au dossier de l'accusé. Lorsque la défense a dit, du bout des lèvres, que le suspect avait fait une « mauvaise blague », la juge a déclaré : « Je n'utiliserais même pas ces mots-là. »

De son côté, le prévenu a sangloté dans le box, affirmant que cette affaire « n'était pas dans ses valeurs », et qu'il devait consulter un thérapeute. « Je suis tout le temps basé sur mon côté enfant », a-t-il admis.

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