La police militaire poursuivie

La Police militaire (PM) de la base de Petawawa, en Ontario, est pointée du... (Archives, La Presse canadienne)

Agrandir

Archives, La Presse canadienne

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

La Police militaire (PM) de la base de Petawawa, en Ontario, est pointée du doigt pour avoir fait une irruption nocturne et musclée chez une femme, même si l'appel initial était un canular.

Brittany Alexa Stratuik, elle-même conjointe d'un caporal, poursuit la PM pour près d'un million de dollars, affirmant avoir été blessée pendant son arrestation, qu'elle juge abusive et non fondée. Mme Stratuik a déposé une requête introductive d'instance de 800 000 $ en dommages et intérêts contre le Procureur général du Canada, ainsi que trois membres de la Police militaire (PM), le 5 octobre dernier.

Les documents confiés à la Cour supérieure de l'Ontario, au palais de justice d'Ottawa, décrivent une intense intervention de la PM qui a créé chez Mme Stratuik « l'embarras, l'humiliation, la fatigue, la douleur et le stress reliés à l'attention médiatique générée dans la région ».

Selon la poursuite, Brittany Alexa Stratuik dormait dans la chambre de sa résidence de la base militaire de Petawawa, dans la nuit du 8 avril dernier, quand elle a été réveillée par un « gros boum » vers 2 h 15. Il s'agissait d'un coup de bélier de la PM défonçant sa porte d'entrée, et de l'entrée d'une unité d'intervention.

Toujours au lit, elle a entendu : « Military Police ! »

Trois membres de la PM sont arrivés à son chevet, lui disant de ne rien dire, et de se coucher au sol. Avant même de pouvoir collaborer, la femme dit avoir été plaquée face au sol, et blessée sévèrement à une main lorsqu'elle a été menottée par-derrière.

Mme Stratuik dit avoir subi trois opérations, et une intervention chirurgicale pour mettre des vis dans ses os.

Sa main la plus forte, la droite, a perdu de la puissance et de la sensibilité, ce qui l'empêcherait aujourd'hui de poursuivre son emploi de femme de ménage à temps plein. Elle dit aussi souffrir d'angoisse et d'insomnie.

Canular

La femme de militaire - qui était à l'extérieur à des fins professionnelles - a vu « six autres PM fouiller sa résidence ».

L'un d'entre eux aurait alors dit, avec un sourire en coin, que la PM avait reçu un appel concernant « deux corps dans la résidence, la forte présence de bombes dans le stationnement, et de nombreuses armes dans la maison ».

Avant d'entrer dans la résidence, la PM a reçu l'appui de l'escouade canine de la Police provinciale de l'Ontario (PPO), pour effectuer des recherches dans le secteur.

La poursuivante allègue qu'un militaire lui a dit un peu plus tard : « Avant d'entrer dans la maison, la PM a été informée par la PPO que l'appel était un canular et que des canulars semblables s'étaient produits en différents endroits en Ontario ».

Les agents de la PM ont finalement quitté la résidence vers 3 h 15, bredouilles.

La femme a dû se rendre à l'Hôpital régional de Deep River, le lendemain. Puis, le 11 avril, elle a été contrainte de se rendre à l'Hôpital Montfort, à Ottawa, pour consulter un chirurgien.

Selon un rapport médical, la femme pourrait souffrir prématurément d'arthrose à la main droite. Selon sa poursuite, la PM a contrevenu à six articles de la Charte des droits et libertés.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer