«Le chat» n'a pas comparu

Daniel Lalonde devait comparaître sous un chef d'accusation... (Louis-Denis Ebacher, LeDroit)

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Daniel Lalonde devait comparaître sous un chef d'accusation de meurtre prémédité, vendredi, mais il a dû être transporté à l'hôpital. Il a quitté le palais de justice en ambulance, masque à oxygène au visage.

Louis-Denis Ebacher, LeDroit

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La femme qui aurait été abattue par Daniel « le chat » Lalonde, à Alfred-Plantagenet, jeudi soir, devait subir son enquête préliminaire mardi prochain, dans une affaire de trafic et de cannabis.

Jacqueline « Jackie » Rouleau louait une résidence du chemin de Concession 5 depuis le printemps. Elle y avait érigé deux grosses serres de plastique, a confirmé le propriétaire de l'endroit, l'agriculteur Charles Réginster.

« J'encourage le monde à faire pousser des légumes, dit-il, mais j'ignorais ce qu'elle voulait vraiment faire en installant les deux serres. J'ai su que c'était du pot quand elle a été arrêtée au mois d'août. Je n'étais pas ben, ben content, mettons. »

Mme Rouleau a été arrêtée deux fois cette année pour des crimes semblables. Le 7 février, elle a été épinglée dans le cadre d'une rafle de la Police provinciale de l'Ontario (PPO). Les autorités l'ont accusée de possession de cannabis et de résine de cannabis dans le but d'en faire le trafic, de vol d'électricité et de biens obtenus criminellement.

Le mois dernier, la PPO a procédé à son arrestation une deuxième fois et démantelé les serres de cannabis, derrière la résidence d'Alfred. La Couronne l'a accusé d'avoir été en possession de 230 000 $ de plants de marijuana, de graines et d'équipement de production. Elle a été libérée sur cautionnement le 12 août.

Des documents du palais de justice de L'Orignal indiquent que la femme devait revenir devant le juge mardi prochain.

La PPO affirme que le tueur est Daniel Lalonde, un résident d'Alfred âgé de 61 ans, surnommé « le chat ». Il a été arrêté dans un restaurant de Hawkesbury, jeudi soir, au terme d'une vaste chasse à l'homme dans l'Est ontarien.

Lalonde devait comparaître sous un chef d'accusation de meurtre prémédité, vendredi, mais il a dû être transporté à l'hôpital. Il a quitté le palais de justice en ambulance, masque à oxygène au visage.

La PPO a écarté la possibilité d'un drame conjugal, mais croit que la drogue pourrait avoir servi de trame de fond au crime.

Jacqueline Rouleau, «une Personne polie»

La victime a été décrite comme « une personne polie », malgré les troubles qui marquaient sa vie, a raconté M. Réginster. « Elle payait ses loyers et tout. Lorsqu'elle a été en retard pour le mois d'août, elle est venue payer le mois, et celui de septembre en s'excusant. »

L'agriculteur a aussi connu « le chat » en 2006-2007. « Il est venu m'acheter des petites balles de foin pour la chasse, comme plusieurs le font à l'automne. Tout le monde, ou presque, connaît le "chat". »

Le voisin immédiat de la victime est l'ex-député provincial Jean Poirier. Il ne connaissait pas la femme personnellement. Il avait noté qu'elle avait aménagé à côté de chez lui seulement ce printemps. « Elle avait érigé deux immenses serres en plastique, des grosses bâches. »

M. Poirier a dit ne pas avoir entendu de coup de feu jeudi soir. « En campagne, on en entend souvent. Quand c'est pas un agriculteur qui tire un coyote, à l'automne, c'est un chasseur. On ne s'énerve pas avec ça... »

« Il aurait pu être derrière nos maisons », s'offusque un voisin

Hélicoptères, escouade canine et artillerie lourde ont impressionné les résidents des environs du chemin de Concession 5, jeudi soir, à Alfred. Mais une chose n'a pas impressionné un des citoyens, le voisin direct de la maison où une femme a été tuée jeudi après-midi.

La police n'a tout simplement pas cogné à sa porte pour lui dire qu'un homme « armé et dangereux » pouvait se trouver n'importe où, même dans sa cour.

L'ancien député provincial Jean Poirier se disait soulagé de savoir le suspect derrière les barreaux, vendredi, au lendemain de la chasse à l'homme. « Mais quand même, dit-il. Je sors une fois par heure pour prendre l'air, et c'est là que j'ai vu tout ce qui se passait. La police partout. Partout, monsieur ! Je n'ai jamais su ce qui se passait jusqu'à ce qu'une source indépendante me le dise. »

La Police provinciale de l'Ontario (PPO) cherchait Daniel Lalonde à la suite du meurtre de Jacqueline Rouleau, la voisine de M. Poirier depuis le mois d'avril.

« On a 100 acres de boisé derrière chez nous. Il aurait pu être derrière nos maisons. J'aurais apprécié que la police vienne nous voir. Ma femme ne pouvait pas passer sur le chemin parce que c'était barré. O.K., il a été arrêté, mais en attendant, hier, il était où ? Au Club Med ?, lance-t-il avec sarcasme. Il était considéré comme armé et dangereux. Il me semble que c'est pas très compliqué, de passer nous informer... »

L'ex-député a appelé ses autres voisins pour qu'ils ferment leurs portes à clé.

Dans un communiqué, la PPO dit avoir averti la population à travers les médias sociaux et traditionnels.

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