Sixième avocat pour un agresseur sexuel en attente de sentence

Mardi, la procureure de la Couronne était prête à... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Mardi, la procureure de la Couronne était prête à déposer une requête pour faire déclarer l'agresseur comme délinquant sexuel à contrôler. Une mention qui devra attendre.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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«Ridicule et farfelu.» La Couronne ne trouve rien de drôle au comportement d'un homme coupable d'agression et d'exploitation sexuelle en attente de sa sentence.

Plus de trois ans après son arrestation, le prévenu en a remis, mardi, en congédiant son avocate et en retenant les services d'une sixième.

L'homme, dont on ne peut dévoiler l'identité pour protéger celle de sa victime, en a fait l'annonce à la dernière minute au palais de justice de Gatineau.

L'avocate Nathalie Ferland a pourtant fait avancer le dossier de son client lors de la dernière année. Mais mardi, elle a dû annoncer au juge Gaston-Paul Langevin qu'elle était congédiée par son client, un habitué du box des accusés.

Me Mélina Cham a pris la relève, mais elle doit d'abord prendre connaissance de l'épais dossier avant d'aller plus loin.

Mardi, la procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, était prête à déposer une requête pour faire déclarer l'agresseur comme délinquant sexuel à contrôler. Cette mention au registre doit d'abord faire l'objet d'un débat et d'une décision du juge.

Pour le ministère public, ce changement d'avocate est de la poudre aux yeux. «Monsieur est détenu depuis avril 2013. Nous en sommes au sixième avocat, c'est rendu ridicule, farfelu», a lancé Me Piché.

La Couronne a fait remarquer que les délais étaient en très grande majorité causés par l'accusé lui-même.

Le juge Langevin a toutefois donné une chance à Me Cham de faire son travail. «(La mention de délinquant sexuel à contrôler), c'est une décision qui n'est pas banale, et c'est indépendant de la peine.» La Couronne doit prouver que le justiciable présente un danger perpétuel pour autrui.

«On reporte à cause de votre comportement», a toutefois dit le juge à l'accusé. L'affaire a été remise au mois d'octobre. Selon la preuve du ministère public, une jeune fille a servi de «monnaie d'échange» auprès de la mère de celle-ci, qui voulait divorcer de l'accusé.

Une des deux victimes a été photographiée dans des positions plus que suggestives par l'homme, qui envoyait des photos à la mère de celle-ci. Les deux adultes étaient en instance de séparation. «Si tu ne reviens pas avec moi, je vais faire cela à ta fille», a-t-il écrit à la mère.

La femme a reconnu le corps de son enfant. L'homme menaçait de mettre ces photos sur Facebook.

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