Attaque pascale au crucifix à Thurso

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Une serveuse de Thurso a eu la peur de sa vie lorsqu'un client s'est servi d'un crucifix en métal comme d'un poignard pour la menacer lors du congé pascal de 2015.

L'affaire a été racontée au palais de justice de Gatineau mardi.

Le prévenu, Serge Lefebvre, 58 ans, s'est rendu au bar Lafontaine le soir du 2 avril 2015. Il s'est commandé une «grosse Budweiser», et son acolyte, un café.

«Depuis son arrivée, indique le rapport de la Sûreté du Québec (SQ), le suspect parle très fort, gesticule beaucoup et insulte la victime. Il exhibe à plusieurs reprises un crucifix aiguisé comme un couteau.» Ce client était bien connu des autres employés.

Selon le ministère public, le suspect portait le crucifix dans son chandail, au niveau de la poitrine.

Sainte peur

Le client indésirable, toujours impoli et agressif envers la serveuse, lui a lancé un demi-gramme de cocaïne en disant: «Déshabille-toi.» La dame lui a répondu qu'elle n'était pas à vendre.

«Dans le temps, les serveuses étaient plus dociles. On leur faisait leur track, pis elles suivaient.»

C'en était trop pour la serveuse, qui a fermé l'endroit. Avec l'aide d'autres clients, elle a réussi à faire sortir l'homme intoxiqué vers 3h15.

Toujours selon le rapport de la SQ, la femme, qui venait de s'installer au volant de sa voiture, a eu toute une frousse lorsque le client expulsé a surgi du côté passager pour frapper le véhicule.

«Il traverse ensuite (du) côté conducteur et donne plusieurs coups sur la porte, lit-on dans les documents de la cour. Il ouvre la porte, sort l'objet tranchant (le crucifix) et le place à environ deux pouces du nez de la victime et l'insulte. [...] Ayant peur pour sa vie, elle démarre son véhicule et fait marche arrière.»

Le suspect est alors tombé au sol et la pauvre femme a fui la scène.

Avant de se faire expulser, il a lancé qu'il pouvait «faire sauter le bar» et revenir pendant les heures de travail de la victime.

Lundi, la Couronne a relevé un autre fait troublant, que le suspect a qualifié de «coup monté».

Lors de l'arrivée des policiers chez le suspect de Thurso, un chien malfamé, sale et nerveux s'y trouvait. M. Lefebvre a déclaré que l'animal appartenait à un handicapé et qu'il servait à de la zoothérapie. La bête, qui n'avait ni eau ni nourriture, a été confiée à la SPCA.

Le prévenu a élu domicile à Longueuil depuis quelques mois.

«Je suis tanné de l'alcool et la drogue», a-t-il confié au tribunal, souhaitant en vain d'aller en thérapie.

La procureure de la Couronne, Me Isabelle Michaud, a livré ses arguments afin de garder l'individu derrière les barreaux en attendant la suite de son procès.

L'avocat de la défense, Me Marino Mendo, a tenté en vain de le faire sortir de prison. Il voulait confier son client à une maison de thérapie pour alcooliques et toxicomanes.

Le juge Raymond Séguin a refusé la liberté provisoire à M. Lefebvre, retenant ses 54 bris de conditions de la cour en 36 ans de carrière criminelle.

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