Utilisé par son père pour discréditer sa mère

Le père de l'enfant essayait de conserver la...

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Le père de l'enfant essayait de conserver la garde partagée en utilisant son fils comme un accessoire pour faire croire au juge que sa mère le battait.

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Un juge de la Cour supérieure a présidé une cause matrimoniale perturbante, à Gatineau, dans laquelle le père a utilisé son fils comme un accessoire dans plusieurs mises en scène pour discréditer la mère. Le tout dans le seul but d'obtenir la garde de l'enfant.

L'affaire est d'autant plus difficile à concevoir, note le juge Pierre Dallaire, que le père est incapable de s'occuper de l'enfant dans plusieurs aspects de sa vie.

Les parents avaient la garde partagée, jusqu'à ce que la mère demande la garde exclusive, affirmant que le père, son ancien conjoint, manipulait son enfant pour qu'il la rejette.

Pour gagner sa cause, le père a élaboré une stratégie plutôt machiavélique, ce que le juge Dallaire a décelé. Le magistrat n'a pas manqué de dénoncer les gestes paternels dans sa décision du 11 août.

«Monsieur demande la garde exclusive au motif que Madame serait violente envers X, en le battant et en lui laissant de nombreuses marques ("bleus") sur le corps.»

Première fausse note entendue par le tribunal: le père demande une garde partagée même si, selon lui, la femme bat les enfants. «Cela laisse perplexe, écrit le magistrat. Il n'est pas difficile pour le Tribunal de constater que Monsieur n'a aucune crédibilité et ment avec une facilité déconcertante.»

Le père a allégué que la mère maltraitait l'enfant. Une travailleuse sociale a conclut que cela était faux.

«Monsieur lui a même dit que, lorsque l'enfant agit mal, il le menace de le retourner chez Madame "pour qu'elle le batte".»

Un jour, le père a amené l'enfant au poste de police pour lui faire dire «ma mère me frappe». Aucune accusation n'a été déposée.

«La preuve révèle que lorsque l'enfant revenait de chez Madame, écrit le juge Dallaire, Monsieur s'empressait de le faire se déshabiller et il prenait des photos en vue de montrer des bleus ou des ecchymoses. Sur une photo, on voit l'enfant penaud ou désemparé devant le rituel que lui fait subir son père dans le but de tenter de monter une preuve contre Madame. Monsieur justifie cette façon de faire devant le Tribunal en disant que l'enfant "aime se faire prendre en photo". En tout cas, ça ne semble pas le cas sur la photo mise en preuve. Pas un exemple impressionnant d'habileté parentale.»

Le juge a donné la garde exclusive à la mère, estimant que le père, qui aura tout de même accès à son fils, n'était pas en mesure de s'en occuper décemment, d'autant plus qu'il habite encore chez ses parents et qu'il ne fait pas preuve de maturité et d'autonomie.

«L'élément le plus troublant de cette obsession de Monsieur de se ménager de la preuve pour établir à quel point l'enfant désire demeurer avec lui et ne veut pas aller chez sa mère est la vidéo, tournée avec son téléphone cellulaire, montrant l'enfant en détresse, pendant plusieurs minutes, alors qu'il doit aller rejoindre sa mère à une certaine distance de la maison des parents de Monsieur. [...] Tout ce qui l'intéresse, c'est de montrer que l'enfant ne veut pas aller chez sa mère.»

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