Prison trop chaude et crise de nerfs

Le détenu a expliqué devant le juge que... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le détenu a expliqué devant le juge que c'est la chaleur dans la prison de Gatineau qui l'a poussé à casser la toilette et le lavabo de sa cellule.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Un détenu de la prison de Gatineau a expliqué pourquoi il avait démoli la toilette et le lavabo de sa cellule, l'été dernier. Sa crise, possiblement reliée à la canicule, a provoqué un dégât d'eau dans la cantine de l'établissement et endommagé des ordinateurs.

Ce sont 60 jours qui se sont ajoutés à sa sentence, la semaine dernière. Il lui reste quelque 200 jours à purger, pour cet événement survenu en août 2015, mais aussi pour une affaire de conduite pendant une interdiction, et de menace et d'entrave envers un policier.

«Il fallait que je me couche sur le bord des barreaux, le soir, pour respirer comme du monde.»

Martin Nantel-Boulianne
détenu

L'avocate de Martin Nantel-Boulianne, Me Sophie Cadieux, a résumé que son client «avait perdu les pédales» et qu'il traversait une période difficile.

Le juge Richard Laflamme a écouté la version du détenu, la semaine dernière, au palais de justice de Gatineau.

«Je m'étais fait mettre sur la protection, parce que ça n'allait pas bien avec les détenus en bas. Il y avait trop de batailles... Dans les cellules à la chaleur, on est censés être 19 dans la salle, mais on est deux par chambre. Moi, mon châssis de fenêtre, il s'ouvrait pas. Il y a un screw (agent correctionnel) qui m'a dit: "Casse la fenêtre, t'auras plus chaud." Ça fait que j'ai essayé, mais je n'étais pas capable, j'ai sauté une coche.»

Le gardien de prison, qui aurait fait cette affirmation sur un ton blagueur, n'a pas fait rire le prisonnier.

«Ça faisait plusieurs mémos que je remplissais, comme quoi j'avais chaud. J'étais en boxer. Il fallait que je me change trois, quatre fois par jour, parce que j'étais tout trempe.»

M. Nantel-Boulianne, aujourd'hui âgé de 22 ans, a expliqué qu'à raison de 18 heures par jour dans sa cellule, la vie est difficile, puisque la circulation de l'air est quasi absente. «Il fallait que je me couche sur le bord des barreaux, le soir, pour respirer comme du monde. J'ai sauté une coche», dit-il.

Le détenu a arraché la toilette et le lavabo de la cellule. À l'étage inférieur, où se trouve entre autres la cantine, l'eau a fait des dégâts. Total du sinistre: 6000$.

«Alors, a répondu le juge Laflamme, on arrache le lavabo et la toilette. J'espère que je ne "sauterai pas une coche" en rendant la sentence.»

La défense et la Couronne se sont entendues sur la peine d'un peu moins d'un an pour tous les délits reprochés.

Le juge a entériné la proposition commune.

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