Se repentir pour aider son prochain

Le palais de justice de Gatineau.... (Patrick Woodbury, Archives LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau.

Patrick Woodbury, Archives LeDroit

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Elle-même devant la justice pour une infraction mineure, une femme de l'Outaouais a demandé à la juge de lui accorder une absolution, pour qu'un jour, elle puisse ouvrir un centre d'aide en santé mentale, et donner une chance au suivant.

Anick Sauriol a demandé du temps à la juge Lynne Landry, jeudi, pour amasser un don de 500$. Ce don, promis devant la cour, pourrait lui permettre d'obtenir cette absolution qui se traduit par une absence d'antécédent judiciaire.

Sans cela, son objectif d'ouvrir un centre d'aide serait compromis, dit-elle.

Mme Sauriol veut ouvrir un Réseau intégré de services (RIS), une ressource qu'elle dit inexistante en Outaouais. Les RIS peuvent entre autres venir en aide aux adultes aux prises avec des troubles graves de santé mentale, comme son frère.

De retour aux études, la mère de famille veut obtenir sa technique de réadaptation et de justice pénale. Elle s'est alliée avec Michel Trudel, un intervenant du Pavillon du Parc, un centre de réadaptation en déficience intellectuelle et en trouble envahissant du développement de l'Outaouais.

« Je connais le réseau et les forces d'Anick. J'ai besoin d'elle comme partenaire (dans le projet) », a dit M. Trudel, témoignant devant la juge. L'intervenant connaît bien le frère de celle-ci. « L'Outaouais ne peut pas se permettre de ne pas avoir de RIS. »

En avril dernier, Mme Sauriol s'est adressée à la population sur Facebook, afin de recueillir des appuis pour être invitée à l'émission Le Banquier, à TVA.

« J'ai promis à ma mère, avant qu'elle meure, de toujours aider mon frère », a-t-elle affirmé à sa sortie de la salle de cour.

Cas parallèle

L'avocat de la femme, Me Jacques Belley, a dit à la juge que ce type de ressource était exactement celui qu'avait besoin un autre justiciable, pris entre les mailles des services sociaux et du système judiciaire.

Claude McKinnon, un homme troublé ayant plaidé coupable à des accusations d'action indécente devant des enfants, à Gatineau, est à court de ressources.

La semaine dernière, un intervenant du système de santé avait expliqué au tribunal que les établissements pouvant traiter les gens avec une déviance sexuelle et une maladie mentale à la fois étaient très rares, voire inexistants en Outaouais.

La juge Landry a mandaté l'intervenant et Me Belley à trouver une ressource, avant de prononcer la peine appropriée. « Cet homme a besoin d'aide, mais on ne sait pas qui est en mesure d'aider », a résumé la juge. Si M. McKinnon n'était pas détenu, il aurait pu se qualifier pour une RIS.

Me Belley a fait le lien entre les deux histoires, estimant qu'une pouvait peut-être aider l'autre, un jour.

La juge Landry a finalement accordé du temps à Mme Sauriol. Elle a dit trouver son projet « assez convaincant ».

En attendant, M. McKinnon est toujours en prison. Il pourrait être confié à l'Institut Philippe-Pinel de Montréal.

La juge a pris la cause en délibéré, alors que la défense et la Couronne se contestent une peine allant de 3 à 9 mois.

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