Coupable d'avoir perdu son sang froid

La prison de Gatineau.... (Étienne Ranger, Archives LeDroit)

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La prison de Gatineau.

Étienne Ranger, Archives LeDroit

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Un détenu accusé d'avoir «défoncé» un autre prisonnier au comportement désagréable écopera de deux à cinq ans derrière les barreaux.

Même s'ils ne sont pas des enfants de choeur, la plupart des détenus tentent malgré tout d'avoir une qualité de vie - bien que relative - entre les quatre murs des centres de détention. Le climat tendu entre deux détenus a éclaté en tempête, le 15 novembre 2015, lorsque Mathieu Renigio-Beaulieu a roué de coups son codétenu, dans l'aile A de la prison de Gatineau.

L'homme de 21 ans a assisté aux plaidoiries sur sa sentence vendredi. Son avocat Marc-André Cayen demande une peine de deux ans; la procureure de la Couronne, Stéphanie Robitaille, une peine de cinq ans.

Dans l'interrogatoire policier réalisé à la suite de la bagarre à sens unique, M. Renigio-Beaulieu a expliqué que son codétenu, dont il ne connaît pas le nom, avait un comportement intolérable. Avant d'entrer dans le vif du sujet, le suspect a demandé au policier d'un ton quelque peu inquiet si sa victime était décédée.

«Le gars est pas aimé dans la wing, raconte-t-il. Aucun respect des autres, il se fait de la baboche (alcool frelaté) dans la cellule, ça pue, il lave ses bobettes dans le lavabo, il fait sécher ça sur mes piquets, il gueule la nuit. Je ne dors quasiment jamais.»

La recette douteuse de la baboche était un mélange d'eau, de pomme et de nouilles. «Ça sent que le cal...»

Quand on est enfermé 23 heures par jour, poursuit-il, les tensions augmentent entre codétenus si personne ne s'entend sur un code de vie.

«Je lui ai dit: "C'est la dernière fois que tu gueules. Je vais te passer."»

Le détenu inconnu, «un junkie» selon l'accusé, était difficile à comprendre. Le bouchon a sauté pendant la nuit et le jeune homme a empoigné son coloc indésirable.

«Je l'ai accroché, je me suis donné un swing, pis je lui ai donné un coup de pied dans la face.» Au sol, la victime aurait reçu une dizaine de coups.

Voyant la flaque de sang, l'agresseur s'est mis à «capoter». Il a fait du bruit pour alerter les gardiens de prison.

Devant le tribunal, son agente de probation a toutefois dressé le portrait d'un «jeune homme attachant». Lui-même se sait troublé et impulsif. Le rapport de probation décrit un jeune volubile, généreux, courtois, poli, avec un bel humour. Toutefois, l'impulsivité et une «personnalité limite» nuisent à son chemin de vie.

«Expérimentation» inquiétante

L'agente de probation a dit au juge Gaston Paul Langevin, vendredi, qu'elle s'inquiétait toutefois que M. Renigio-Beaulieu ait déjà «expérimenté» avec un chat.

Le terme était utilisé pour dire «expérimenter le meurtre», selon l'agente de probation. «Je ne pense pas le faire, mais j'ai peur de le faire, lui a-t-il confié. Et je ne sais pas quoi faire.»

Le service de probation a vu du bon dans le jeune homme, qui a besoin d'aide, de services, et d'une chance à saisir, étant donné son jeune âge. Les services dont il aurait besoin sont dispensés dans un établissement fédéral.

Le détenu est aussi accusé de voie de fait sur un membre de sa famille.

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