Neuf ans de crimes innommables

Le palais de justice de Gatineau... (Etienne Ranger, Archives LeDroit)

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Le palais de justice de Gatineau

Etienne Ranger, Archives LeDroit

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«Coupable sur toute la ligne», un agresseur de l'Outaouais ayant menacé une femme de mettre sur Facebook des photos d'une de ses filles en train de se faire agresser sexuellement restera en prison.

Le juge Gaston Paul Langevin a rendu son verdict, mardi, dans un dossier difficile à suivre en raison de la nature scabreuse des gestes posés par l'homme pendant neuf ans.

Le magistrat a retenu la preuve «accablante» de la Couronne.

Parmi les pièces à conviction, 500 images de l'enfant, qui avait moins de 14 ans. Dans le reflet d'un miroir, on voit l'agresseur âgé d'une trentaine d'années.

L'une de ses deux victimes a été forcée de pratiquer des fellations et à subir les attouchements de l'homme. Il est allé jusqu'à lui imposer des relations complètes, des gestes qu'il photographiait. «Il lui demandait de sourire pour utiliser les photos contre [la victime]», a résumé le juge.

Avec le temps, les agressions sont devenues de plus en plus sévères et de plus en plus fréquentes.

Menaçant et contrôlant

Une clé USB appartenant à l'agresseur était remplie de photos d'enfants dans des positions explicites. Pour garder le secret, il menaçait de faire du mal aux proches des victimes.

Lorsque la mère des enfants a dit à son conjoint qu'elle le quittait, ce dernier a multiplié les menaces. La mère ne savait pas ce qu'il faisait.

Elle l'a appris lorsque son ex lui a envoyé une photo abjecte de son pénis et du visage d'un de ses enfants. Il lui a écrit qu'il mettrait l'image sur Facebook si elle ne revenait pas avec lui.

Contrôlant tout, l'homme allait même jusqu'à acheter les sous-vêtements des enfants, dans lesquels il les photographiait avec son cellulaire. Les nombreuses traces informatiques ont convaincu le tribunal qu'il était l'auteur des images et des agressions.

Une ordonnance de non-publication empêche de nommer l'agresseur, afin de protéger l'identité des victimes. Elles avaient entre 9 et 16 ans au moment des faits.

«Je dois dire sans hésitation que la preuve est accablante», a commenté le magistrat. «C'est de rire du tribunal» que de nier être l'auteur des photos, a ajouté le juge Langevin.

Arrêté en 2013, l'homme a été reconnu coupable d'agression sexuelle, de possession de matériel pornographique juvénile, de voies de fait contre la mère, de menaces, d'entrave à la justice et de non-respect des conditions de la cour. 

Alors qu'il était en liberté provisoire, il a contacté illégalement une de ses victimes. Il a assisté au reste de son procès derrière les barreaux.

La procureure de la Couronne, Me Nadine Piché, veut faire déclarer l'individu délinquant dangereux à contrôler.

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