Procès de Richard Henry Bain: un policier de la SQ témoigne

Richard Henry Bain est l'auteur présumé de l'attentat... (PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE)

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Richard Henry Bain est l'auteur présumé de l'attentat du 4 septembre 2012 au Metropolis, le soir de l'élection de Pauline Marois. Il apparaît sur cette photo de septembre 2012.

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Le policier qui a maîtrisé Richard Bain à la suite de l'attentat qui venait de faire un mort et un blessé au Métropolis, le soir des élections du 4 septembre 2012, a raconté comment l'accusé l'avait mis en joue et tenté de l'abattre dans les minutes suivantes, lors de son témoignage, mercredi, au palais de justice de Montréal.

Richard Bain est notamment accusé de tentative de meurtre à l'endroit du sergent Stéphane Champagne, de la Sûreté du Québec.

Celui-ci a raconté qu'après avoir entendu à deux reprises sur sa radio que des coups de feu avaient été tirés à l'arrière du Métropolis, il était sorti de l'établissement pour se retrouver face à face avec un individu suspect.

« J'ai vu un homme qui, à première vue, semblait avoir une cape bleue, avec une cagoule », a raconté le policier.

Lorsqu'il a crié « police », l'homme a allumé une fusée de détresse et l'a lancée vers le Métropolis avant de s'enfuir.

Après une très courte poursuite, l'individu s'est retourné et c'est à ce moment que le policier a constaté qu'il était non seulement armé, mais qu'il l'avait pris pour cible.

« Il avait un pistolet et il essayait de tirer. Il était pointé directement sur mon corps », a-t-il relaté.

En contre-interrogatoire, le sergent Champagne a expliqué que le suspect avait fait le geste de tirer à quelques reprises, mais que le coup ne partait pas.

Le sergent Champagne, qui avait lui-même son arme à la main, n'a pas fait feu, mais a plutôt cherché à désarmer et maîtriser le suspect.

« J'étais à environ quatre pieds de lui. J'avais mon arme dans les mains. Le réflexe que j'ai eu ç'a été de sauter avec ma main gauche sur sa main droite pour lui faire perdre son arme », a-t-il raconté.

Lorsque l'avocat de Bain, Me Alan Guttman, lui a demandé pourquoi il n'avait pas tiré, le policier a d'abord indiqué qu'il était entraîné pour le faire, pour ensuite ajouter : « la réaction que j'ai eue, ç'a été de foncer dessus ».

Il l'a rapidement désarmé et plaqué au sol avec l'aide de son collègue, le sergent Jean-Marc Rochon, qui était sur ses talons, ainsi qu'un employé de la sécurité du Métropolis.

Ce n'est que par la suite qu'il a constaté que la « cape bleue » était en fait un peignoir et qu'il a aperçu, quelques mètres plus loin, un objet dont il n'était même pas au courant de l'existence jusque-là. « J'ai remarqué que, devant nous, il y avait une mitraillette au sol », a-t-il dit.

Une fois l'individu maîtrisé et remis au Service de police de la ville de Montréal (SPVM), le sergent Champagne a constaté qu'un incendie s'était déclaré au Métropolis et, en revenant sur ses pas, a vu les jambes d'un corps près des conteneurs à déchets.

Lorsque Me Guttman lui a demandé pourquoi il n'était pas resté avec ses collègues du SPVM, puisque c'est lui qui avait effectué l'arrestation, Stéphane Champagne a répondu très honnêtement : « j'étais en état de choc ».

Outre la tentative de meurtre contre le policier, Richard Bain est aussi accusé du meurtre prémédité du technicien de scène Denis Blanchette, de tentative de meurtre à l'endroit d'un autre technicien de scène, Dave Courage, qui a survécu à la blessure par balle qu'il a subie, d'un autre chef de tentative de meurtre regroupant 12 victimes, d'incendie criminel et de possession de matériel incendiaire.

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