«Apatride», il vendait de la cocaïne pour payer ses factures

Coincé entre deux pays qui ne le reconnaissent... (Marco Campanozzi, Archives La Presse)

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Coincé entre deux pays qui ne le reconnaissent pas comme un des siens, Deepan Budlakoti ne peut pas occuper un emploi régulier.

Marco Campanozzi, Archives La Presse

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Le Droit

Pratiquement «apatride» bien qu'il soit né en sol canadien, un détenu a dit vendre de la cocaïne pour survivre et payer ses factures, faute de mieux, au palais de justice de Gatineau lundi.

Deepan Budlakoti, 26 ans, a toujours vécu au Canada. Il est né en 1989 de parents qui travaillaient alors au haut-commissariat de l'Inde à Ottawa. Il a détenu temporairement un passeport du Canada.

Il est aujourd'hui sans statut officiel.

Après avoir purgé une peine d'emprisonnement entre 2010 et 2013, le fédéral a tenté de l'expulser du pays. M. Budlakoti lutte toujours pour que son statut canadien soit reconnu.

Coincé entre deux pays qui ne le reconnaissent pas comme un des siens, M. Budlakoti ne peut occuper un emploi régulier. Les employeurs demandent des papiers officiels qui ne sont jamais disponibles.

L'Inde ne reconnaît pas l'homme né au Canada, qui n'a même jamais mis les pieds dans le pays d'origine de ses parents. Le Canada ne veut pas reconnaître la citoyenneté du Gatinois, parce que, selon la loi, les enfants nés d'employés de représentations étrangères ne deviennent pas automatiquement canadiens.

Deepan Budlakoti a été arrêté à nouveau en décembre 2015 à Gatineau. L'escouade des stupéfiants du Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) lui a mis la main au collet au terme d'une enquête d'environ deux semaines. Les agents disent l'avoir vu conclure des transactions de drogue.

Lors de l'intervention du SPVG, le suspect a collaboré et a donné la combinaison de son coffre-fort, qui cachait 143 grammes de cocaïne. Les forces de l'ordre ont saisi 2570$ provenant du commerce illicite du sans-statut.

Plaidoyer de culpabilité

Deepan Budlakoti a plaidé coupable à un chef de trafic de drogue et de biens criminellement obtenus, lundi matin, à Gatineau. Sa sentence n'a pas encore été prononcée.

Selon les faits lus en cour, M. Budlakoti a expliqué aux autorités qu'il faisait de telles affaires «pour survivre et payer ses factures», alors que son statut «particulier» au Canada l'empêchait de travailler honnêtement.

Il a toujours soutenu que ses parents ne travaillaient plus au haut-commissariat lorsqu'il est né. C'est une nuance, dit-il, qui fait toute la différence, car elle ferait de lui un citoyen canadien.

Il a été arrêté une première fois en 2009 pour introduction par effraction. Il a purgé trois ans pour trafic d'armes, possession d'arme prohibée et trafic de stupéfiants. Le gouvernement lui a alors retiré sa résidence permanente. En juin 2015, la Cour d'appel fédérale a rejeté sa cause, réitérant qu'il n'aurait jamais dû avoir son passeport et qu'il n'a jamais été citoyen canadien. Selon le gouvernement, c'est une erreur du Bureau des passeports qui a fait en sorte qu'il reçoive un passeport unifolié.

Selon la loi internationale, M. Budlakoti ne correspondrait pas précisément à la définition d'un apatride.

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