Victoire amère au terme d'une guerre d'héritage

Ce règlement hors cour est une victoire qui... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Ce règlement hors cour est une victoire qui laisse un goût amer à Joanne Laberge: l'urne funéraire qu'on lui a remis ne contenait plus les cendres de sa mère. Un geste qu'a déploré l'avocat Christian-Daniel Landry (en arrière-plan), qui la représente.

Etienne Ranger, LeDroit

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La fille d'une témoin de Jéhovah de Gatineau décédée le printemps dernier a réussi à récupérer l'héritage de sa mère, après avoir accusé l'organisation religieuse d'avoir tenté de faire une captation illégale.

Le règlement hors cour, survenu entre Joanne Laberge et deux membres influents des Témoins de Jéhovah de l'Outaouais, Jean-Yves Bermond et Murielle Cimini, est une victoire qui laisse un goût amer à la Gatinoise.

La valeur de l'héritage récupéré, environ 300 000$, est significative. Mais pour Joanne Laberge, un geste irréparable a été commis lorsque la partie adverse lui a remis les biens. L'urne funéraire ne contenait plus les cendres de sa mère. L'avocat Christian-Daniel Landry, qui représente la fille de la défunte, a déploré ce geste, puisque les cendres avaient une valeur symbolique.

M. Bermond avait dirigé les questions du Droit à son avocat en 2015. En début de semaine, l'avocate Francine Danais n'avait toujours pas commenté l'affaire.

Selon l'entente hors cour dont LeDroit a obtenu copie, il était prévu que les défendeurs remettent la maison, mais aussi le chien de la dame, «ainsi que l'urne funéraire (malgré la dispersion des cendres)», note le juge Pierre Isabelle, de la Cour supérieure. Fait rare: cette entente hors cour n'est pas frappée d'une ordonnance de non-publication.

Le couple Cimini-Bermond a renoncé au testament qu'il aurait fait signer à Lise Laberge sur son lit d'hôpital en 2015. Ce testament contesté a finalement été déclaré «nul et sans effet».

Le seul testament reconnu est donc celui de 2008. Selon ce testament, la mère léguait tout à sa fille.

Cependant, le couple aurait, selon la requête initiale de la fille de Mme Laberge, fait signer un autre document à la mourante pour qu'elle leur cède tous ses biens. M. Bermond est décrit comme ministre du culte des Témoins de Jéhovah de l'Outaouais par les documents de la cour.

«Pour cause de captation et d'insanité d'esprit»

Selon la requête déposée à la Cour supérieure en juillet 2015, Jean-Yves Bermond et sa conjointe Murielle Cimini auraient pris possession de l'héritage indûment en faisant signer à la mourante un autre testament une semaine avant son décès. La famille de la défunte demandait l'annulation de ce testament «pour cause de captation et d'insanité d'esprit».

«Au jour de la signature du testament, Lise Laberge était fortement intoxiquée», lisait-on dans cette requête initiale.

Malade en 2008, Mme Laberge aurait fait son testament en désignant sa fille Joanne, qu'elle n'avait pas vue depuis 23 ans. Ce testament n'aurait pas été connu des défendeurs à ce moment.

La fille aurait appris le décès de sa mère par un oncle. À l'hôpital, on aurait répondu à Joanne Laberge que Jean-Yves Bermond «avait fait transférer le corps et qu'il avait prétendu que sa mère n'avait pas de famille», selon la requête de juillet 2015.

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