«Descente aux enfers» pour une mère et son bébé

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La demande de garde partagée a été refusée, bien qu'une fin de semaine sur deux et un jour par semaine soient accordés au père, à condition qu'un adulte nommé par la cour soit présent.

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Une récente décision de la Cour supérieure en matière familiale, à Gatineau, démontre qu'un bébé pourra un jour remercier sa mère d'avoir quitté le foyer à temps pour s'échapper d'un étau paternel de plus en plus étouffant.

En avril dernier, le juge Pierre Dallaire a résumé une situation difficile, qui aurait pu mal se terminer si la mère ne s'était pas retirée, avec son bébé de 15 mois, pour fuir un père narcissique et colérique. «Au moment d'entamer leur vie en couple, écrit le juge, [les deux] arrivaient chacun avec [leur] sauce à spaghetti familiale. [Madame] indique avoir accepté d'adopter la sauce de Monsieur (possiblement pour éviter un conflit à ce sujet), sauce qu'elle décrit comme bonne, mais épicée avec des piments jalapeños. Quand le bébé est arrivé au stade de manger du solide, elle a indiqué à Monsieur qu'il n'était pas approprié de donner de la nourriture épicée à un bébé et qu'il faudrait modifier la recette. La réponse de Monsieur a été un refus catégorique. Pas question de changer sa recette. Ça dit tout.»

Avec le temps, le nouveau père a davantage dévoilé sa vraie nature.

«Monsieur a fait montre d'un manque total de compréhension de ce qu'est un bébé», résume le juge Dallaire. Laisser pleurer le nourrisson était «le moyen approprié pour lui faire comprendre qu'il ne peut avoir ce qu'il veut, comme se faire prendre dans les bras de ses parents».

Les gestes brusques et le ton méchant du père ont aussi été soulignés par la cour.

«Le Tribunal, lit-on dans la décision, croit la mère quand elle dit que le père, en s'occupant du bébé, lui disait des choses comme "prends ta sacrament de suce mon p'tit crisse", "envoye, bois câlisse", "arrête de chialer pis bois" ou "t'es rien qu'un estie de braillard". On peut deviner le ton utilisé pour dire de telles choses.»

Refuser de changer ses habitudes

L'homme n'a pas accepté que l'arrivée du bébé change ses habitudes.

«Il a réagi à l'obligation de changer ses priorités en s'en prenant au bébé et à la mère avec un langage d'une rare violence et des réactions colériques qui laissent songeur quant à sa maturité et sa capacité de s'adapter à une situation qui lui cause des désagréments.»

Des propos dénigrants envers la mère ont commencé à se faire entendre puisque celle-ci s'est mise à surveiller le père.

«Dans le cadre de cette descente aux enfers, Madame, qui s'occupait du bébé à la maison et l'allaitait, a de toute évidence été incapable de faire la vaisselle et de s'occuper de la maison comme avant l'arrivée du bébé.»

De retour du travail, le père traitait la mère de paresseuse. Puis, un conflit anodin est venu montrer la couleur ambiante de la maisonnée «Beaucoup de couples ne s'entendent pas sur la température confortable dans une maison, écrit le magistrat. L'un gèle, l'autre crève de chaleur. Ces questions se résolvent généralement de façon pacifique. Ici, Madame se plaint qu'elle gèle et que le bébé a froid, Monsieur dit qu'il a chaud. Madame ferme la fenêtre. Monsieur l'ouvre de nouveau. Madame la ferme une autre fois et reste devant la fenêtre. Selon Monsieur, il la prend alors délicatement par les épaules pour la déplacer de devant la fenêtre, sans dire quoi que ce soit. Le témoignage de Madame est qu'il l'empoigne brusquement et la projette sur le lit en l'aspergeant d'injures et d'insultes et en l'enjoignant d'aller coucher au salon si elle n'est pas contente.»

Après deux séances de thérapies, le père aurait dit être «au neutre» envers son ex-conjointe.

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