Enfant martyr de Kanata: l'horreur sur bande vidéo

L'horreur a franchi une autre frontière au procès d'un policier de la GRC... (Illustration La Presse)

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L'horreur a franchi une autre frontière au procès d'un policier de la GRC accusé d'avoir torturé son fils de 11 ans pendant des mois, jusqu'à son arrestation en février 2013.

Le tribunal a pris connaissance vendredi d'une vidéo que le père a tournée en janvier 2013.

Dans l'enregistrement, on peut voir le fils attaché les mains derrière le dos, dans un sous-sol partiellement fini, nu et en pleurs. Le juge Robert Marenger a averti le public du contenu extrêmement troublant de la bande vidéo, et a invité les gens qui désiraient ne pas être soumis à ces images à sortir.

«Tu vas voir comme tu es menteur», commence le père, qui filme la scène avec son téléphone cellulaire. L'enfant martyr gémit, pleure et supplie son père de le pardonner. «Je me repentis, dit le fils, je ne mentirai plus de toute ma vie. Je vais faire tout ce que tu me dis. Je veux retrouver ma famille.»

Pendant d'interminables minutes - la Couronne en a montré 12 sur les 45 que compte l'enregistrement -, le père sermonne, contredit et humilie son fils. Il lui dit que Satan s'est emparé de son corps d'enfant. Le filmant de bas en haut, le père ajoute: «Quand tu vas te marier un jour, je vais montrer ça à ta femme et tes enfants.»

Le père, qui était affecté aux affaires de terrorisme pour la Gendarmerie royale du Canada avant sa suspension, évoque à plusieurs reprises des termes religieux. Selon lui, Dieu n'accepte pas les gens qui mentent à leur père.

«J'en ai assez de Satan, répète l'enfant, qui semble dire ce que son père veut entendre. C'est la fin. Je donne mon coeur au Père tout-puissant. J'ai péché, mon Père éternel.»

Selon la police, l'enfant de 11 ans, qui pesait 23 kg (50 livres) lors de l'arrestation de son père, a manqué de nourriture. Le jeune a réussi à s'échapper et à se réfugier chez un voisin le 12 février 2013.

«Tu m'as montré que tu es fils de Satan», dit le père d'une voix calme. «Tu es fou. [...] Tu veux te tuer? Vas-y.»

L'accusé de 44 ans a été contre-interrogé par la Couronne pour une troisième journée, vendredi. Il s'est exprimé sur un ton fort semblable à celui de la vidéo.

Pas de souvenirs... ou presque

Me Robert Carew tente de faire déclarer son client non criminellement responsable. «Je suis choqué comme n'importe qui dans cette salle en voyant cela», a dit l'accusé. «Pourquoi j'ai filmé? Je ne sais pas...»

Le père dit ne pas se souvenir de cet épisode (outre «quelques flashs») et ne se souvient pas non plus des paroles qu'il a dites à un répartiteur du 9-1-1. 

La défense souligne qu'il souffre d'un trouble de stress post-traumatique lié à une agression sexuelle et à la guerre qui a sévi dans son pays natal, le Liban.

La conjointe de l'accusé, qui n'est pas la mère de la victime, est aussi accusée de séquestration et de ne pas être venue en aide au jeune en difficulté. Celle-ci a gardé la tête baissée lors de la présentation de la preuve vidéo.

Le père a dit avoir attaché et enchaîné l'enfant, car il était «hors de contrôle».

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