Au sommet de la liste des plus ivres arrêtés au volant

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L'expression «péter la balloune» est un euphémisme dans cette histoire ayant refait surface douze ans après les faits, au palais de justice de Gatineau. Le passé a rattrapé un chauffard, dont le nom trône aujourd'hui au sommet de la liste des plus ivres à avoir été arrêtés au volant en Outaouais. Le chiffre magique est 368. Ou «0.36».

Ce «0.36» est le résultat le plus bas à l'alcootest obtenu par le Riponais François St-Pierre, le 10 juillet 2004.

C'est très exactement 368 mg d'alcool par 100 ml de sang, soit 4,6 fois plus élevé que la limite de 80 mg.

Selon Éducalcool, un taux de 400 mg d'alcool (ou 0.40) peut provoquer le coma éthylique, et même la mort. L'homme, aujourd'hui âgé de 56 ans, a plaidé coupable dans deux dossiers de conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool, mercredi.

Le deuxième dossier remonte au 24 avril 2004. Il avait soufflé «seulement» 0.18, soit un peu plus du double que la limite de 0.08. Il avait été arrêté sur la 317 Nord.

«Pas de O'Keefe»

L'état d'ébriété avancé du prévenu a été décrit par la procureure de la Couronne, Marie-Claude Daoust, mercredi.

Le 10 juillet 2004, vers 17 h 40, la police a arrêté M. St-Pierre, qui circulait à 70 km/h dans le village de Ripon, en traversant la ligne médiane et faisant craindre plusieurs collisions.

Après avoir mis en marche les gyrophares et leur sirène, les policiers ont interpellé le chauffard ivre. «Les policiers, raconte la procureure, remarquent une démarche chambranlante et lente, et une odeur alcool. Il s'appuie sur son camion pour rester debout, les yeux rouge et vitreux, il dit qu'il revient de voir sa «pitoune» à Ripon et qu'il a bu une bière au village.»

Il dira ensuite qu'il a pris «deux, trois bières» au village, ajoutant que de faire de la prison ne le dérange pas. «D'y retourner, c'est des vacances», aurait dit le chauffard.

C'est à ce moment qu'il a échoué l'alcootest, avec des résultats de 373, 368 et 390. La cour ne doit retenir que le résultat le plus bas. «Je n'ai jamais vu un taux si élevé», a dit la juge Lynne Landry, qui a imposé une peine de 11 mois de détention.

La police l'a aussi interpellé le 24 avril 2004 parce qu'il circulait à vive allure, sans répondre à un appel de phares. Il s'est arrêté après une fuite d'un kilomètre. La police a peiné à lui faire comprendre ce qui se passait. Il a échoué l'alcootest, s'accotant sur sa camionnette pour rester debout. Il a soufflé 0.18. La police a saisi une bouteille de bière O'Keefe dans la voiture.

Avant d'admettre tous ces faits, mercredi, le prévenu a tenu à préciser à la juge un fait important. «Je m'excuse, mais j'ai jamais pris de bière O'Keefe.»

Retour vers le futur éthylique

François St-Pierre était sous le coup d'un mandat d'arrestation depuis 10 ans. L'homme de Ripon, âgé de 56 ans, a été arrêté le 11 avril dernier. Il ne s'était pas présenté à son procès pour conduite avec les capacités affaiblies, le 21 décembre 2006. Il semble que son dossier se soit perdu dans les vapeurs, à l'image de sa conduite automobile en 2004.

«On ne s'était pas aperçu qu'il était en mandat dans ces deux dossiers-là», a résumé l'avocat de la défense, Me Jacques Belley.

Le chauffard riponais a été arrêté à deux reprises en moins de trois mois en 2004, pour conduite avec les capacités affaiblies par l'alcool. Il a lamentablement échoué les alcootests, présentant le double et presque cinq fois la limite de 0.08.

La loi était beaucoup moins sévère en 2004, et le tribunal a dû rendre sa sentence sur ce qui était applicable à l'époque, mercredi. La peine maximale était alors de six mois, contrairement à 18, aujourd'hui, dans le cas d'une accusation sommaire. Le tribunal a imposé une peine de 11 mois pour les deux dossiers, cette semaine.

La gravité d'une accusation par acte sommaire est généralement moins élevée que par acte criminel.

La procureure de la Couronne, Me Marie-Claude Daoust, a suggéré six mois de détention consécutifs, pour un total de douze mois, mercredi matin, au palais de justice de Gatineau.

«On a été très surpris de cette décision-là (de déposer des accusations par voie sommaire, en 2004) dans l'autorisation des dossiers, mais on fait avec aujourd'hui. On aurait eu une peine plus grande que ça», a mentionné Me Daoust, à la juge Lynne Landry.

François St-Pierre en est à ses 6e et 7e dossiers de conduite en état d'ébriété depuis 1981.

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