Esclave sexuelle de son père à l'âge de huit ans

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Entre l'âge de 8 et 11 ans, la victime a été l'esclave sexuelle de son propre père.

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Un père de 36 ans a plaidé coupable à des accusations d'inceste, d'incitation à des contacts sexuels, de relation anale non consentante et de voyeurisme le 7 avril dernier. Tout ça au terme de trois années d'enfer pour sa propre fille, transformée en «esclave sexuelle» entre l'âge de 8 et 11 ans.

Le résumé des faits dans cette affaire était à ce point scabreux que le juge Valmont Beaulieu, de la Cour du Québec, a invité les membres du public présents dans la salle à sortir s'ils étaient incapables d'entendre le récit bouleversant de l'enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ), Dominic Dufour.

De fait, certaines personnes ont fortement réagi pendant la lecture des événements, qui se sont déroulés entre 2012 et mars 2016 dans la région de Maniwaki.

Un ordre de la cour interdit la publication des identités des personnes impliquées afin de protéger celle de la jeune victime.

La mère de l'accusé était très proche de sa petite-fille. Un dimanche de mars dernier, elle a cru important d'écouter, avec elle, une émission portant sur la prostitution juvénile à TVA.

Après l'émission, l'enfant a confié à sa grand-mère avoir été agressée par son père depuis qu'elle avait huit ans. La grand-mère n'a pas attendu et s'est rendue à la SQ, avec l'ex-conjointe de l'accusé, pour dénoncer son propre fils.

«La victime a confié à la grand-mère qu'aux deux fins de semaine, il l'agressait le samedi et le dimanche matin», a résumé l'enquêteur Dufour. Depuis juin 2015, les agressions avaient plutôt lieu «tous les lundis et les mardis», sauf exception.

Le modus operandi commençait par des attouchements sur les seins et les fesses, puis allait jusqu'à des relations sexuelles complètes. Il forçait aussi sa fille à prendre sa douche avec lui. Des preuves d'ADN ont été prélevées dans les draps et sur des vêtements.

Compliments et menaces

«Je t'aime, tu es fine, tu es trop gentille», aurait soufflé le père à sa fille à plusieurs reprises. Ces «compliments» étaient remplacés par des menaces et des injures quand sa fille refusait ses avances. «Son père lui a dit que s'il allait un jour en prison, il se pendrait», a raconté le policier au juge. Sous la peur, elle cédait aux vils désirs paternels.

L'enquêteur a dressé le portrait d'une jeune fille qui, malgré tout, «était en amour avec son père» et se souciait de son sort.

En trois ans, la jeune fille a subi une centaine d'agressions.

Le juge Valmont Beaulieu a qualifié la victime d'«esclave sexuelle». Il a accepté la proposition commune de la défense et de la Couronne, soit une peine de sept ans de pénitencier. L'homme n'avait jusque-là aucun antécédent judiciaire. «Il n'a démontré aucun respect envers la chair de sa chair», a commenté le magistrat.

Lorsque les policiers ont cogné à sa porte, le 21 mars dernier, le prévenu a tout de suite compris. Émotif et en pleurs, il a rapidement tout avoué. Il s'est excusé directement à la caméra de la salle d'interrogatoire de la SQ. Il a affirmé que sa fille disait la vérité et qu'elle n'était «pas une menteuse».

«Monsieur, a ajouté l'enquêteur Dufour, nie avoir trouvé la séparation difficile avec la mère de l'enfant, et (dit) que depuis sa séparation, il trouvait que sa fille avait des ressemblances avec sa mère. Que c'est un peu pour cela qu'il agissait (ainsi) avec sa fille...»

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