Travaux communautaires ou prison pour un ex-proxénète

Jean-Marie Bain a entraîné Annie (nom fictif) dans... (Archives AFP)

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Jean-Marie Bain a entraîné Annie (nom fictif) dans la prostitution. Elle aurait «servi» entre 30 et 50 clients.

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Un homme coupable de proxénétisme, à Gatineau, demande à faire des travaux communautaires pour payer sa dette à la société, soutenant qu'il veut reprendre une vie normale et ses études.

Pour retourner à l'université, Jean-Marie Bain doit avoir la permission d'utiliser un ordinateur, ce qu'il ne peut faire à cause de ses conditions de la cour imposées en 2013. Les études en électronique qu'il veut entreprendre demandent impérativement d'utiliser un ordinateur.

Sa seule victime connue, une femme de l'Outaouais, avait rencontré cet homme sur un site de rencontre. Après quelques semaines, elle a accepté de danser, et un peu plus tard, l'accusé a fait en sorte qu'elle se prostitue. Elle aurait « servi » entre 30 et 50 clients.

La défense demande 200 heures de travaux communautaires, et la Couronne, six mois de détention.

Trois mois après la rencontre, Annie (nom fictif) a déménagé chez l'homme après une chicane avec sa mère. Elle a commencé à danser dans les bars de danseuses nues, notamment au Barbarella, à Ottawa. « Il me disait que je ne faisais pas assez d'argent. »

Puis, la femme a été mise en contact avec une entreprise de services d'escortes. Après deux jours, on lui a dit qu'elle ne rapportait pas assez. C'est alors que M. Bain et une autre femme ont pris des photos d'elle pour l'inscrire sur un autre site, bien connu pour sa grande offre d'escortes.

Le juge Langevin fera connaître sa décision en mai.

L'avocat de la défense, Me Mathieu Bédard, a fait valoir que les quatre dernières années faisaient partie, en quelque sorte, de sa sentence. « Encore aujourd'hui, il n'a pas le droit d'avoir de cellulaire ou d'ordinateur. Il essaie une réinsertion, mais ne peut aller à l'école, car il ne peut utiliser un ordinateur. En quatre ans, dit l'avocat, il a respecté ses engagements de la cour. Pendant quatre ans, il a été isolé de la société. »

Cela ne l'a pas empêché de se trouver du travail à Toronto.

De son côté, la procureure de la Couronne, Me Isabelle McKay, a rappelé que l'accusé avait incité la femme à la prostitution « en disant qu'elle n'avait pas le choix ». Selon le ministère public, il est rare qu'une telle victime combatte sa peur et parle aux tribunaux, en présence de l'accusé. 

« Elle aurait pu s'enfuir (à l'époque), mais elle a eu trop de craintes. »

La peine de six mois et la période de probation d'un an doivent servir à dissuader le public d'en fait autant que M. Bain, a plaidé la Couronne.

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