Trois ans et demi pour le voisin infernal

Sabine Dubois et Éric Chalifoux ont dû installer... (Etienne Ranger, LeDroit)

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Sabine Dubois et Éric Chalifoux ont dû installer des caméras de surveillance sur leur résidence, en plus d'entendre les insultes et les chants à caractère haineux à haute voix de leur voisin en crise.

Etienne Ranger, LeDroit

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Une situation plutôt rare s'est produite au palais de justice de Gatineau, jeudi, alors qu'un juge de la Cour du Québec a refusé une proposition commune de la défense et de la Couronne dans une histoire de voisinage infernal.

L'affaire a fait parler, ces dernières semaines, en Outaouais. Gérémi Poirier, 31 ans, a plaidé coupable à une série d'accusations, dont incendie criminel, menace et harcèlement de ses voisins, une jeune famille du quartier Le Baron. Il a reçu une peine de 40 mois, jeudi.

Au terme du procès, le ministère public et la défense avaient proposé de façon conjointe une peine de deux ans de pénitencier, suivie d'une période de probation de trois ans. 

Jeudi, le juge Gaston-Paul Langevin a refusé cette sentence, en s'appuyant sur le comportement du prévenu, qui a déjà contourné des sentences suspendues et des périodes de probations en matière de harcèlement et de menaces.

«La sentence proposée est inadéquate, déraisonnable et contraire à ce que peut s'attendre le public. Elle ne tient pas assez de la gravité objective des accusations», a déclaré le magistrat.

L'été dernier, le tribunal lui avait donné une chance, après son plaidoyer de culpabilité sur des chefs de menace contre les mêmes voisins. Il en a rajouté pendant l'été 2015, alors que la cour lui avait imposé des conditions strictes de ne pas importuner ses voisins.

L'affaire a atteint un sommet le 6 février dernier, lorsque M. Poirier a aspergé la voiture de ses victimes avec de l'essence, laissant une trace jusqu'à la porte de la maison, pour allumer le feu.

Heureusement, dans les circonstances, seule la voiture s'est embrasée, pour enfin exploser.

Les voisins, Sabine Dubois et Éric Chalifoux, sont deux parents de jeunes enfants. Ils ne comptent plus les nuits blanches. Ils ont été forcés d'installer des caméras de surveillance sur leur résidence, en plus d'entendre les insultes et les chants à caractère haineux à haute voix de M. Poirier, en crise et sous l'effet de drogue et de l'alcool.

Arrogance

Le juge n'a pas semblé apprécier «l'arrogance (de l'accusé) quand le tribunal a dit qu'il pouvait rejeter la proposition commune». M. Poirier avait aussi vilipendé un article du Droit, dans lequel les victimes avaient dit que le voisin avait insulté les enfants.

Avant de prendre le chemin du pénitencier, il est revenu à la charge contre cet article «disgracieux», ajoutant que ses voisins avaient harcelé sa mère, et l'avaient provoqué en installant des caméras de surveillance.

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