Terrorisme: les corps policiers ne communiquent pas assez entre eux

Il s'agirait de la femme turque d'IsmaelHabib et... (Courtoisie)

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Il s'agirait de la femme turque d'IsmaelHabib et de sa fille en bas âge. L'adulte tient un kalachnikov et la petite pointe l'index vers le ciel.

Courtoisie

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La loi C-51 sur le terrorisme doit absolument être améliorée, sans quoi d'autres agents dormants s'ajouteront à ceux qui se trouvent déjà au Canada, croit un ex-enquêteur de la Sûreté du Québec (SQ).

Tout est dans la communication, estime Paul Laurier, qui a déjà été chef d'équipe au Service de la lutte contre le terrorisme. Il a suivi avec attention l'histoire du Gatinois Ismael Habib, arrêté pour violence conjugale, puis soupçonné d'avoir tenté de fuir le Canada pour combattre dans les rangs de l'État islamique en Syrie.

«La communication entre les corps de police doit être améliorée et ce cas-là est un exemple patent.»

La semaine dernière, LeDroit rapportait que le Gatinois Ismael Habib avait été arrêté pour violence conjugale par Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG), et que la plaignante avait confié que son présumé agresseur sympathisait avec l'État islamique.

Il a fallu une semaine avant que la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dépose des accusations liées à des activités de terrorisme. M. Habib était déjà surveillé par la police fédérale, bien avant que les allégations de violence conjugale ne se produisent, en février dernier. Il avait été rencontré par la GRC, sans pour autant être accusé.

Selon les autorités fédérales, les incidents liés aux activités terroristes se sont produits entre le 8 juin 2014 et le 29 février 2016. «Pourquoi il n'a pas été arrêté plus rapidement?» demande l'ex-enquêteur.

La plaignante - l'ex-conjointe du suspect - a fait allusion aux allégeances présumées de M. Habib à l'État islamique, lors de son entrevue avec la police de Gatineau, en février dernier. Sa version a été rendue publique lors de l'enquête sur remise en liberté de l'accusé.

Partage efficace d'informations

Le SPVG a traité la plainte de violence conjugale. Toutefois, les dossiers de sécurité nationale sont placés sous l'égide de la GRC.

«Quand la police de Gatineau a pitonné son nom (Ismael Habib), elle ne l'a pas vu», selon M. Laurier. La loi C-51 ne permet pas le partage efficace d'informations. La police de Gatineau a fait une bonne job, mais avec la loi C-51, on se retrouve rapidement en conflit de juridiction. La police de Gatineau devait sécuriser la dame (victime alléguée de violence conjugale), ce qu'elle a fait. La communication n'a pas passé tout de suite entre Gatineau et la GRC.»

Le 3 mars, quelques jours après l'arrestation pour violence conjugale, la Couronne fédérale a déposé un avis au palais de justice de Montréal, en vertu de l'article 810. 011. Cet article prévoit des mesures judiciaires à l'endroit d'une personne susceptible de commettre un acte terroriste.

Une semaine plus tard, soit vendredi, le ministère public a déposé un chef d'accusation pour avoir tenté de quitter le pays dans le but de participer à des activités terroristes. (voir autre texte).

La loi C-51 permet en autres l'écoute électronique et des perquisitions, tout en facilitant la détention préventive d'une personne pour une durée de sept jours, sans accusation.

Jeudi, dans La Presse, le père d'Ismael Habib avait lancé un appel à l'aide. «Il y a des gens qui jouent dans la tête de nos enfants. C'est au gouvernement de les arrêter et de les renvoyer dans leur pays», disait-il.

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