Un homme «aimant ses enfants»

Ismael Habib a juré qu'il ne tenterait pas... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Ismael Habib a juré qu'il ne tenterait pas de quitter le pays s'il sortait de prison en attendant la suite de son procès.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le beau-père d'Ismael Habib voit dans ce dernier un jeune homme «humble et aimant ses enfants».

M. Habib est sous la loupe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), qui craint une radicalisation vis-à-vis l'islam. Il fait aussi l'objet d'une enquête pour violence conjugale et fabrication et utilisation de faux à Gatineau.

Le beau-père, qu'on ne peut nommer en vertu d'une ordonnance de non-publication sur l'identité des témoins de la cour, s'est présenté au palais de justice de Gatineau par solidarité avec Ismael Habib.

Le jeune homme est marié à sa fille, qui est aujourd'hui déménagée en Turquie, et possiblement en fuite en Syrie. La victime alléguée de violence conjugale est une autre femme, résidente de Gatineau, qui s'est rendue à la police en février.

«Moi, quand j'ai su qu'il avait des problèmes en août (sur une éventuelle radicalisation), on est allés à la GRC, a expliqué le beau-père. Ismael a dit: 'Je veux refaire ma vie'. Je lui ai dit que je n'avais aucune objection, mais qu'il fallait bien choisir. (...) Si on donne sa fille à quelqu'un, il devient comme un enfant.»

Le beau-père a dit vouloir accompagner le mari de sa fille, même si celle-ci a quitté le pays. Le beau-père s'est d'ailleurs montré très émotif en parlant de la jeune femme. «Je ne savais pas qu'elle était en fuite en Syrie.» Sa fille aurait pris la décision de partir vers l'Algérie, puis vers la Turquie avec sa soeur, puisqu'elle préférait le mode de vie de ces pays à celui préconisé au Canada.

L'homme dit avoir travaillé avec sa communauté pour éviter les élans de radicalisation.

À propos d'Ismael Habib, il «ne dit pas qu'il s'est radicalisé, mais qu'il a découvert sa religion». Le jeune homme de 28 ans aurait voulu, selon le témoin, «s'instruire, savoir».

Le beau-père a expliqué à la cour avoir rencontré la GRC pendant trois heures, l'été dernier, pour aborder la question de la radicalisation. «Je l'ai incité à collaborer. Je lui ai dit (à Ismael): 'Tu es jeune, tu peux recommencer'.»

Selon lui, une photo mise en preuve par la Couronne, devant montrer sa fille et sa petite-fille avec une kalachnikov, peut être celle de n'importe qui.

Le beau-père s'est dit prêt à héberger M. Habib, s'il obtient sa libération provisoire, le 18 mars. C'est le juge de la Cour du Québec, Gaston-Paul Langevin, qui décidera, alors que l'enquête sur remise en liberté pour violence conjugale et fabrication de faux documents s'est terminée mardi.

Le principal intéressé, Ismael Habib, a brièvement témoigné. Il a juré qu'il ne tenterait pas de quitter le pays s'il sortait de prison en attendant la suite de son procès. Il dit étudier en formation à distance en secrétariat.

De son côté, la procureure de la Couronne, Marie-Josée Genest, a soutenu que le suspect envoyait de l'argent en Turquie en utilisant de fausses cartes d'identité, que la police de Gatineau avait saisi une machine à cloner des cartes, qu'il avait eu en sa possession un faux passeport, et que la victime alléguée avait reçu une photo inquiétante d'une dame armée et voilée, accompagnée d'une enfant.

«Malgré toutes les bonnes intentions (du beau-père), il semble que la radicalisation de M. Habib est plus présente qu'avant», a déclaré Me Genest.

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