Présumé djihadiste gatinois: une vision déroutante de la femme

Il s'agirait de la femme turque de M. Habib... (Courtoisie)

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Il s'agirait de la femme turque de M. Habib et de sa fille en bas âge. L'adulte tient un kalachnikov et la petite pointe l'index vers le ciel.

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Une musulmane sans voile équivaut ni plus ni moins à une femme qui se promène nue en présence d'un autre homme nu, selon un présumé partisan djihadiste, Ismael Habib, arrêté la semaine dernière à Gatineau.

L'homme âgé de 28 ans, un Montréalais arrivé à Gatineau en novembre dernier, a été arrêté le 27 février dernier dans une affaire de violence conjugale. Les confidences de son ex-conjointe au Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) ont mis au jour les projets allégués de départ de M. Habib vers la Turquie et la Syrie.

Jeudi, le juge Gaston-Paul Langevin a permis la diffusion du contenu de l'enquête sur remise en liberté portant sur la violence conjugale. Cette enquête en a dit long sur les plans allégués de M. Habib. La cour a interdit d'identifier les témoins et les enquêteurs au dossier.

Dans la même journée, une ordonnance selon l'article 810.011 du Code criminel a été signée à Montréal. Cet article prévoit que quiconque ayant des motifs de craindre qu'une personne commette un acte de terrorisme puisse déposer une dénonciation.

Au cours de l'interrogatoire du suspect, dont la vidéo a été présentée jeudi au tribunal, M. Habib explique sa vision de la femme. L'enquêteur, qui aborde la question conjugale, semble quelque peu surpris par la réponse de son interlocuteur.

La présumée victime, elle aussi musulmane, ne voulait pas porter le voile, ce qui déplaisait à son conjoint d'alors. La même femme a dit aux autorités que M. Habib se radicalisait et prônait les actions de l'ÉI.

«On avait une petite différence là-dedans (le voile), explique M. Habib. Elle ne portait pas de voile du tout, mais je comprends que ce n'est pas facile pour une femme. Nous, c'est une valeur pour les musulmans. Finalement, elle était d'accord à mettre le voile, elle en a mis un, comme un foulard d'hiver. Je me sens mieux si elle le met.»

Puis, M. Habib a tenté de dresser un parallèle avec la femme du policier. «Ce n'est pas pour t'offenser, mais si ta femme se promène nue dans la maison avec un autre homme nu dans la maison...»

À ce moment, l'enquêteur, dubitatif sur cette comparaison, a demandé au prévenu de clarifier sa pensée. «Non, réplique M. Habib. Plutôt comme une femme en bikini. Tout le monde la regarde, les fesses, et tout...»

L'autre conjointe

Selon la déclaration de la conjointe gatinoise, Ismael Habib a une autre conjointe en Turquie ou en Syrie.

Cette femme aurait envoyé un courriel à la présumée victime, accompagnée d'une photo d'une adulte et d'une enfant. Il s'agirait de la femme de M. Habib et de sa fille en bas âge. L'adulte tient un kalachnikov et la petite pointe l'index vers le ciel.

Cette femme, depuis la Syrie, aurait menacé l'ex-conjointe gatinoise en ajoutant: «Tu crois que tu peux gagner contre ça?»

Cette même femme aurait conseillé à M. Habib de tuer au nom de l'islam en terre canadienne.

L'enquête policière a révélé que M. Habib aurait fait plusieurs transferts d'argent vers la Turquie.

Des faux papiers impressionnants

Un enquêteur du SPVG a souligné au juge Gaston-Paul Langevin la qualité exceptionnelle du faux permis de conduire d'Ismael Habib, jeudi, lors de son enquête sur remise en liberté. Le présumé partisan djihadiste est accusé de harcèlement criminel, de menaces de mort, d'emploi de document contrefait et d'usage de pièces d'identité d'un tiers.

Le policier ayant interrogé le suspect a indiqué à la cour que M. Habib possédait un faux passeport et de fausses cartes d'identité, au nom tout aussi fictif d'Alexandre Fortin. «Au niveau de la qualité, dit l'enquêteur, j'ai rarement vu ça, comme ça, un permis de même. L'épaisseur, l'hologramme... C'est assez difficile.»

M. Habib aurait prévu quitter le Canada avec ces faux documents.

«Ce n'est pas un vol d'identité, a répondu M. Habib, lors de son interrogatoire. Ce n'est pas un nom qui existe, c'est mon droit de silence. Je voudrais garder mon droit de silence.»

«Des choses ont été saisies», répond l'enquêteur.

«Je veux garder mon droit au silence», a insisté M. Habib.

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