Présumé djihadiste arrêté à Gatineau: des photos troublantes

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La femme du suspect est aujourd'hui en Syrie, selon les informations de l'enquêteur. Sur la photo, elle est accompagnée de leur fille.

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L'image marque l'esprit. Une femme adulte, portant le voile intégral et des gants, pose avec une enfant, voilée elle aussi. La femme tient une Kalachnikov; la petite pointe l'index vers le haut.

Cette photo, dont LeDroit a obtenu copie, a été présentée jeudi au palais de justice de Gatineau dans le cadre d'une affaire impliquant un Gatinois accusé de violence conjugale et placé sous la loupe de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) pour des allégations sur le terrorisme.

Le prévenu est Ismael Habib, né d'un père afghan et d'une mère québécoise. Il a vécu à Montréal jusqu'à ce qu'il fasse la connaissance d'une femme de Gatineau, au début de l'hiver, sur un site de rencontres. La photo montrerait le côté caché de ce Gatinois d'adoption.

Une fois installé dans la région de la capitale fédérale, M. Habib aurait présenté un discours de plus en plus radical à sa nouvelle conjointe. L'islamisme semblait occuper une place grandissante dans l'esprit de l'homme de 28 ans. Puis, les vidéos d'exécution du groupe armé État islamique sont arrivées dans la résidence du couple, par Internet. La conjointe s'est rendu compte que M. Habib avait une femme en Turquie, et a entendu celle-ci, au téléphone, l'encourager à tuer au nom de l'islam. «Tu es au Canada à ne rien faire, aurait dit la femme à l'autre bout du fil. Pourquoi tu ne prends pas une arme et ne tues pas au nom de l'islam?»

La conjointe gatinoise a confié ces informations à un policier de Gatineau, ajoutant que M. Habib l'avait aussi menacée.

M. Habib est accusé de harcèlement, de menaces de mort, d'emploi d'un document contrefait et de pièces d'identité d'un tiers. Il aurait eu en sa possession un faux passeport, et prévu de quitter le Canada en bateau vers la Turquie, puis la Syrie, pour combattre avec l'ÉI.

La photo en question

C'était jour d'enquête sur remise en liberté d'Ismael Habib, jeudi.

Un enquêteur a présenté à la cour une photo, envoyée dans un courriel par la femme à l'étranger, à l'attention de la conjointe de Gatineau. «Tu penses que tu vas gagner contre ça?» est-il écrit, en accompagnement de la photo.

La femme du suspect est aujourd'hui en Syrie, selon les dernières informations des enquêteurs.

La photo représenterait la femme de M. Habib et sa fille. L'enfant pointe l'index vers le ciel. Ce traditionnel doigt pointé est souvent récupéré par l'ÉI dans sa propagande. L'index symbolise l'unicité d'Allah.

Dans la nuit suivant l'arrestation de M. Habib, la conjointe gatinoise aurait reçu des appels provenant de la Syrie. «Si tu es impliquée (dans l'arrestation de Habib), tu vas avoir une réponse d'ici.»

Les constables spéciaux ont resserré les mesures de sécurité, jeudi, au palais de justice de Gatineau. Les autorités ont interpellé les beaux-parents de M. Habib, soit les parents de la femme résidant en Turquie ou en Syrie.

Ils ont saisi le téléphone cellulaire des beaux-parents, et des photos semblables dans l'appareil. On y verrait deux adultes poser avec une Kalachnikov, sans enfant.

Des raisons de craindre un acte terroriste

Le Gatinois d'adoption et présumé partisan du groupe armé État islamique, Ismael Habib, est visé par une ordonnance de la cour en matière de terrorisme.

Ce ne sont pas des accusations directes de terrorisme qui sont déposées contre Ismael Habib, 28 ans, mais bien une ordonnance de la cour, selon l'article 810.011 du Code criminel.

Ce dernier prévoit que «quiconque a des motifs raisonnables de craindre la possibilité qu'une personne commette une infraction de terrorisme peut, avec le consentement du procureur général (du Canada), déposer une dénonciation devant un juge d'une cour provinciale». Cette ordonnance a été signée jeudi à Montréal.

LeDroit révélait mardi des allégations inquiétantes sur les visées présumées de M. Habib, qui aurait voulu quitter le Canada pour aller combattre en Syrie au nom de l'ÉI.

Par ailleurs, la Couronne s'est vu refuser une ordonnance de non-publication dans le dossier du même Gatinois accusé dans une affaire de violence conjugale. Certains éléments de l'enquête de la police de Gatineau pourraient, selon la Couronne en Outaouais, croiser l'enquête de la Gendarmerie royale du Canada en matière de terrorisme.

L'ex-conjointe de M. Habib a fait des déclarations incriminantes sur ses idées radicales, en déposant sa plainte pour violence conjugale. Le juge Gaston Paul Langevin a conservé l'interdiction de publication des identités des témoins et de la présumée victime.

Ismael Habib a été arrêté à la fin février pour des menaces et du harcèlement criminel à l'endroit de sa conjointe de Gatineau.

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