Un bébé battu par son père trop absorbé par ses jeux vidéos

Un jeune père de famille de l'Outaouais écope de 18 mois de prison pour avoir... (Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse)

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Sarah Mongeau-Birkett, Archives La Presse

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Un jeune père de famille de l'Outaouais écope de 18 mois de prison pour avoir mis de côté sa manette de PlayStation pour battre son bébé âgé d'à peine quelques semaines.

En juillet 2012, le père, alors âgé de 24 ans, a causé une fracture du crâne, a cassé trois côtes et a infligé des ecchymoses au visage à son bébé de deux mois. Des traces de morsures à une main ont aussi été observées.

L'enfant n'aurait pas de séquelles permanentes, selon ce qui a été présenté à la cour.

Le bébé pleurait et dérangeait le père dans sa partie de jeu vidéo. Cet élément de l'enquête a semblé déranger le juge Valmont Beaulieu, qui a pris quelques minutes en délibéré pour dire s'il acceptait ou refusait les 18 mois proposés de façon conjointe par la Couronne et la défense, au palais de justice de Gatineau.

Les deux parties ont appuyé leur proposition sur le fait que l'accusé avait avoué être l'auteur de l'agression.

Le jeune accusé est toujours en couple avec la mère de la victime. Leurs deux enfants sont sous la protection de la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ). «Je vais juste souhaiter qu'il n'y ait pas un troisième enfant», a laissé tomber le juge Beaulieu avant de quitter le banc.

Le tribunal interdit l'identification de la victime, ce qui rend impossible la publication du nom du père.

L'affaire a été brièvement racontée en cour, vendredi. 

De retour sur le banc, le magistrat a fait valoir que la collaboration de l'accusé, bien que relative, avait pesé dans la balance. S'il n'avait pas avoué son crime, personne n'aurait été accusé. Pendant quelques mois, le père aurait tenté de mettre la faute sur le frère de la victime.

Le rapport présentenciel de l'accusé était négatif: le père n'a plaidé coupable de voie de fait grave qu'en octobre 2015, il présente un risque de récidive quant aux délits avec violence, n'a pas suivi de thérapie (il a par contre participé au programme «Donne-toi une chance»), a un caractère narcissique, et n'a aucune autocritique. Selon le rapport présentenciel, le père se voit davantage comme une victime.

Une période de probation de deux ans s'ajoute à sa sentence.

«Ici, la dissuasion générale est le premier critère, a expliqué le juge Beaulieu. La fourchette se situe entre 12 mois et six ans. Monsieur n'a pas d'antécédents judiciaires. Parce qu'il a collaboré avec les autorités - les 18 mois paraissent surprenants -, c'est pour cette raison que le tribunal ne l'envoie pas au pénitencier (fédéral, où les criminels condamnés à plus de 24 mois purgent leur peine).»

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