L'étau se resserre sur Michel Plouffe

Michel Plouffe se serait mouillé dans une affaire... (Patrick Woodbury, LeDroit)

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Michel Plouffe se serait mouillé dans une affaire de production de cannabis.

Patrick Woodbury, LeDroit

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Le directeur de Développement économique-CLD (centre local de développement) Gatineau, Michel Plouffe, fait face à trois accusations criminelles.

Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) lui reproche entre autres d'avoir fabriqué un faux bail et d'avoir entravé le travail de la Sûreté du Québec (SQ).

M. Plouffe devra se présenter à la cour le 16 mars prochain.

Le ministère public lui reproche d'avoir, «avec l'intention de tromper, fabriqué un bail dans le dessein de faire servir cette chose comme une preuve dans une procédure judiciaire existante, ou projetée, entre le 6 janvier 2013 et le 4 février 2013».

Selon plusieurs sources, M. Plouffe aurait «couvert» une connaissance qui faisait pousser du cannabis dans sa résidence secondaire.

La SQ croit que M. Plouffe a «tenté d'entraver, de détourner ou de contrecarrer le cours de la justice en donnant de faux renseignements aux policiers de la SQ» à l'hiver 2013.

Enfin, le DPCP allègue que M. Plouffe a fait un faux document, soit le faux bail «dans l'intention qu'il soit employé ou qu'on y donne suite comme authentique au préjudice de Paul Côté». Paul Côté est un membre de la famille de Marc Steele. Ce dernier est l'ex-propriétaire du restaurant Chez Marcus de Gatineau, fermé en 2012.

M. Steele est accusé par la SQ d'avoir produit du cannabis dans la résidence secondaire de Val-des-Bois appartenant à Michel Plouffe. Encore une fois, la SQ remonte à la période se situant entre le 6 janvier et le 4 février 2013.

On accuse Marc Steele de «fabrication de bail dans l'intention qu'il soit utilisé comme une preuve dans le cadre de procédures judiciaires, entrave à la justice et fausse déclaration aux policiers, fabrication de faux dans l'intention qu'il soit employé ou qu'on y donne suite comme authentique au préjudice de Paul Côté». Le dernier chef est celui d'avoir détourné frauduleusement de l'électricité.

Paul Côté est aussi accusé de production de cannabis et de vol d'électricité, pratique est courante chez les producteurs de marijuana, qui veulent éviter de payer des factures mirobolantes pour faire fonctionner leur serre intérieure.

Les pieds dans les plats pour protéger une connaissance

Le directeur de Développement économique-CLD Gatineau, Michel Plouffe, aurait voulu induire la SQ en erreur afin d'éviter à une connaissance, Marc Steele, des accusations de production de cannabis. Marc Steele est l'ancien propriétaire du restaurant Chez Marcus, autrefois situé sur le boulevard Gréber, à Gatineau.

L'établissement a fait faillite en janvier 2012, alors que M. Steele accusait une dette de plus d'un demi-million de dollars.

Selon les documents de la cour, tout indique que l'ancien restaurateur se serait tourné vers la production de cannabis à la suite de son échec financier. La SQ a porté des accusations en ce sens, vendredi.

Selon les informations recueillies auprès de plusieurs sources dignes de confiance, Michel Plouffe se serait mis les pieds dans les plats en tentant de «couvrir» Marc Steele et de lui éviter d'être accusé de production de cannabis. Michel Plouffe aurait consenti à créer une diversion - fabriquer un faux bail - pour tenir les policiers loin de Steele.

Michel Plouffe est propriétaire d'une résidence secondaire à Val-des-Bois. De bonne foi, M Plouffe aurait prêté sa propriété à M. Steele, sans savoir que ce dernier allait entamer la production de la plante illégale. Or, à l'hiver 2013, un an après la faillite de l'homme d'affaires, la SQ a pris d'assaut la résidence secondaire de Val-des-Bois, dans le cadre d'une enquête des crimes majeurs. La saisie et la perquisition ont eu lieu.

Sentant la soupe chaude, M. Steele aurait demandé à Michel Plouffe de le sortir de sa situation désespérée. MM. Steele et Plouffe auraient décidé de faire signer un faux bail à Paul Côté, un membre de la famille de M. Steele. Tous les trois, de connivence, auraient fabriqué ce faux bail afin de faire passer M. Côté comme étant «le locataire» de la résidence secondaire de M. Plouffe. Ainsi, croyaient-ils, la SQ mettrait ses énergies sur M. Côté, et non sur M. Steele.

Jean Lepage nommé dg par intérim de Développement économique-CLD Gatineau

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, a confirmé vendredi la suspension avec salaire du directeur général de Développement économique-CLD Gatineau, Michel Plouffe. Il a indiqué que le c.a. de l'organisme a nommé Jean Lepage, le directeur des services aux entreprises au CLD Gatineau, pour assurer l'intérim.

«Je vous assure que l'organisation est en mesure de poursuivre sa mission», a déclaré le maire, qui a été mis au courant de l'arrestation de M. Plouffe mercredi après-midi. C'est le chef de la police de Gatineau, Mario Harel, et la directrice générale de la Ville de Gatineau, Marie-Hélène Lajoie, qui lui ont appris la nouvelle.

«M. Plouffe a droit à la présomption d'innocence, toutefois ses rôles et mandats exigent que lui-même et l'organisation DÉ-CLD soit au-dessus de tout soupçon», a affirmé le maire.

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